Finalement, le tribunal de commerce de Nanterre a choisi le consortium mené par Frank Supplisson comme repreneur sidérurgique d'Ascométal. Toutefois, des postes devraient être supprimés sur les six sites français.

Jeudi 22 mai 2014, le tribunal de commerce de Nanterre a finalement désigné le consortium mené par Frank Supplisson*, haut-fonctionnaire comme repreneur du groupe sidérurgique Ascométal.

 

A la suite de cette décision de justice, le sidérurgiste qui fabrique des aciers stratégiques pour les secteurs de l'énergie et du transport va être repris par un consortium d'investisseurs composé de deux fonds anglo-saxons, Warwick et DK (40 %), la famille Descours (16 %), le sidérurgiste suédois Ovako (8%), six investisseurs institutionnels (20 %), le reste étant le Conseil général de Lorraine.

 

Les six sites conservés
L'offre française est ainsi la seule, en effet, à garantir le maintien du site du Cheylas, en Isère, soit conserver les six sites français d'Ascométal et la quasi-totalité des emplois (1.820 sur 1.900). La décision de justice écarte au final trois autres candidats, c'est-à-dire, deux fonds d'investissement américains, Apollo et Anchorage, et enfin le groupe brésilien Gerdau, qui avait le soutien de l'administrateur judiciaire.

 

"Le tribunal a fait le choix de l'offre la mieux disante industriellement, socialement et financièrement", se sont félicités Franck Supplisson et Guy Dollé (ex-directeur général d'Arcelor), dans une déclaration conjointe transmise à l'AFP après la publication du verdict.

 

L'offre française avait, en effet, le soutien de l'Etat et de la CGT, le premier syndicat de cette ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier.

 

Vers l'entrée au capital de Bpifrance
En détails, l'offre retenue prévoit la levée de 230 millions d'euros de financement et peut compter sur un prêt de l'Etat de 35 millions d'euros, via le Fonds de développement économique et social (FDES).
Par ailleurs, le Gouvernement envisage également de faire entrer au capital la banque publique d'investissement Bpifrance.

 

Les trois autres offres de reprise avaient été présentées par Gerdau, un sidérurgiste brésilien, et deux fonds d'investissement américains, Apollo et Anchorage.

 

Dans un communiqué, le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, qui est resté en retrait dans ce dossier, a salué le choix du tribunal de commerce de Nanterre qui "préserve l'ensemble des capacités industrielles de l'entreprise, qui la maintient sur tous ses domaines d'activité et qui reprend la quasi-totalité des emplois."

 

*Le haut-fonctionnaire Frank Supplisson a été directeur de cabinet, d'Eric Besson, ancien ministre de l'Industrie.

 

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