EXCLUSIF. Le président de la Fédération française du bâtiment a rencontré, ce vendredi 19 octobre, le ministre de la Transition écologique et solidaire. Plusieurs sujets ont été évoqués, comme l'évolution souhaitée du CITE ou la révision du RGE. Débriefing à chaud avec Jacques Chanut.

"J'ai trouvé un ministre à l'écoute, soucieux d'entendre les messages du marché, des artisans et des entreprises", résume Jacques Chanut, au sortir du bureau de François de Rugy. Reçu par le ministre de la Transition écologique et solidaire, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) a évoqué plusieurs sujets brûlants d'actualité. Il les liste pour Batiactu.

 

"Sur la rénovation énergétique, il s'agit d'un marché essentiel qui irradie l'ensemble du territoire, contrairement à la construction neuve. Honnêtement, le ministre est bien conscient des enjeux et du point d'entrée que constituent les travaux de remplacement des fenêtres. Il reconnaît leur importance et veut trouver des solutions", nous dévoile-t-il. Plusieurs pistes auraient été évoquées pour que les menuiseries extérieures réintègrent le dispositif du Crédit d'impôt transition énergétique, comme d'allouer un montant fixe par fenêtre, plutôt qu'un pourcentage de dépense qui encouragerait à choisir des produits plus onéreux. Et de concentrer le dispositif sur le remplacement des simples vitrages par des menuiseries performantes, là où le gain thermique est le plus fort. "Le traitement de l'air et la question de la ventilation sont également des sujets qui importent au ministre. Des propositions lui ont donc été formulées", ajoute Jacques Chanut. François de Rugy serait également "attentif à l'articulation entre travaux et audit". Le président de la FFB estime que la réalisation d'un audit gratuit, par un artisan formé, lors de travaux de rénovation devrait déboucher sur la recommandation d'autres interventions. Il nous explique : "Le client lancé dans une rénovation pourrait ainsi envisager plus facilement la suite et programmer d'autres travaux cohérents. Nous pourrions l'accompagner efficacement".

 

Sur le dispositif RGE, qui doit être transformé pour rendre confiance aux consommateurs, Jacques Chanut est très clair : "Nous avons insisté sur la nécessité de se battre contre les fausses attestations RGE. Il s'agit de la même chose que les gens qui roulent sans permis de conduire. Mais il faudra faire attention à ne pas alourdir le système pour les entreprises vertueuses. Car la tentation de durcir les conditions d'obtention et de multiplier le nombre d'audits risque de pénaliser les entreprises honnêtes et de les décourager". Le président de la FFB, poursuivant sa comparaison avec le permis de conduire, imagine un système où des formations complémentaires obligatoires à valider seraient proposées aux entreprises présentant des manquements, à la façon des stages de récupération des points que suivent les mauvais conducteurs. Et Jacques Chanut conclut : "Il faut que le RGE reste accessible à tous".

actionclactionfp