ENVIRONNEMENT. Deux conventions ont été ratifiées ce 30 octobre 2019 entre la préfecture de la région Île-de-France, la Métropole du Grand Paris et l'Office national des forêts pour préserver et mettre en valeur le patrimoine forestier de la région francilienne.

Ce 30 octobre 2019, le préfet de Paris et de la région Île-de-France, Michel Cadot, le président de la Métropole du Grand Paris (MGP) et maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), Patrick Ollier, ainsi que le directeur général de l'Office national des forêts (ONF), Jean-Marie Aurand, ont signé deux conventions : l'une concerne le patrimoine forestier de la métropole, l'autre l'ensemble des forêts de la région francilienne. Grâce à de larges subventions, ces partenariats doivent permettre de préserver et de valoriser les poumons verts, tout en garantissant leur propreté et leur accessibilité. "Si la MGP est une zone dense continue de 81.400 hectares, elle compte 6.300 hectares de forêts dont 80% sont gérées par l'ONF, soit 4.985 hectares", a indiqué à cette occasion Patrick Ollier. "Ce patrimoine forestier, soumis à de fortes pressions, est indispensable au fonctionnement du territoire métropolitain [...]."

 

Concrètement, une enveloppe annuelle de 200.000 € sera débloquée par la MGP en faveur de l'ONF, et ce jusqu'en 2021, parallèlement à une subvention de 170.000 € de l'Etat, pour mener les actions suivantes : la mise en valeur de 17 entrées de forêts dont 5 sur le territoire de la métropole ; la restauration du "tapis vert" de Meudon (Hauts-de-Seine) ; la mise en place de chantiers participatifs ; la valorisation des arbres remarquables en particulier et du patrimoine forestier en général ; la résorption des dépôts sauvages ; et enfin l'intervention en forêt de Notre-Dame, à Santeny (Val-de-Marne) au titre de la compétence de Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (Gemapi).

 

Mieux accueillir le public et mieux protéger les forêts

 

Lutter contre la prolifération des déchets, assurer la résilience des forêts face au changement climatique, permettre le développement de l'habitat bois dans un territoire caractérisé par de très forts besoins en logements... sont donc autant d'axes de travail formulés par ce partenariat. "Ces forêts sont l'exemple de la multifonctionnalité : leurs bénéfices sont à la fois écologiques (séquestration de carbone, réservoirs de biodiversité, etc), récréatifs avec notamment l'accueil du public, mais aussi économiques en assurant la production durable d'une ressource naturelle : le bois", abonde Jean-Marie Aurand.

 

Du fait des enjeux communs à l'Etat, aux collectivités territoriales et aux spécialistes de la forêt, la puissance publique a donc souhaité mutualiser les moyens de chaque acteur en ciblant deux priorités : l'accueil du public et la protection du patrimoine forestier. "Ce partenariat est unique en France", insiste Michel Cadot. "L'Etat a engagé pour les prochaines années un programme accéléré de classement des forêts métropolitaines en forêts de protection. L'amélioration des conditions d'accès de tous les publics à ce patrimoine commun est un complément indispensable à nos actions de préservation."

 

Création d'un comité partenarial des forêts métropolitaines

 

En outre, un comité partenarial des forêts métropolitaines verra le jour afin de préciser, de suivre et d'évaluer chaque année le programme d'actions. Enfin, le classement des massifs forestiers en forêts de protection, qui correspond au niveau de préservation le plus élevé, représente un enjeu spécifique en région parisienne, où les poumons verts sont davantage fragiles mais aussi davantage cruciaux que dans le reste de la France. "Dans une région urbaine comme l'Île-de-France, la forêt domaniale constitue souvent le seul espace de proximité où le public peut bénéficier du calme et de la tranquillité des paysages naturels et pratiquer des activités récréatives de nature", explique le communiqué commun à la préfecture de région, la MGP et l'ONF. Soulignant que les forêts de la région capitale comptabilisent environ 100 millions de visites chaque année, les trois organisations considèrent que "le classement en forêt de protection garantit la protection du foncier et l'assurance de la pérennité de la forêt, en interdisant tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation des sols de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements".

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