LOGEMENT. Cette région compte seulement 47% de propriétaires occupants, contre une moyenne nationale de 58%, selon une étude publiée ce mardi 16 juillet par l'UNPI et Vousfinancer. Qui alertent de nouveau sur l'encadrement des loyers, à la tentation duquel d'autres villes pourraient succomber, au-delà de Paris et de Lille.

Paris n'est pas la France. Les disparités régionales des taux de propriétaires dans l'Hexagone illustrent bien cette maxime populaire. Le pays compte en moyenne 58% de propriétaires occupants, selon une étude publiée ce mardi 16 juillet par le cabinet CM analytics pour le compte de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) et du courtier en crédit immobilier Vousfinancer. Une proportion qui stagne depuis la crise financière de 2008, et qui place la France en queue de peloton des pays européens, devant l'Allemagne (51%), mais derrière l'Italie (72%), la Belgique (73%) et l'Espagne (77%).

 

Reste que cette moyenne nationale de 58% est biaisée par les métropoles, où moins de la moitié des ménages est propriétaire de son logement, alors que le taux oscille entre 60% et 80% dans la plupart des autres villes. Ainsi, un tiers seulement des Parisiens possède son logement, une proportion deux fois inférieure à celle des Bretons, la plus élevée de toutes les régions, la plus faible étant celle de l'Ile-de-France, à 47%. Des écarts qui tiennent à une grande variété de facteurs, du rapport entre l'offre et la demande de logements à la structure familiale des ménages, en passant par leurs revenus, leur âge, les prix de l'immobilier ou encore la part des étudiants dans la population.

 

D'autres villes potentiellement tentées par l'encadrement des loyers

 

"Prendre conscience de cette forte disparité territoriale des taux de propriétaires "peut aider à définir de meilleures politiques publiques", a expliqué Jérôme Robin, directeur général de Vousfinancer, lors d'une conférence de presse. Le courtier et l'UNPI ont des suggestions à faire en la matière. A commencer par une nouvelle mise en garde contre l'encadrement des loyers, de retour dans la capitale française depuis le 1er juillet, et qui fait l'objet d'une demande à Lille. D'autres villes dotées d'une forte proportion de locataires, comme Lyon, Strasbourg, Montpellier, Bordeaux et Toulouse, où un groupe de travail sur ce sujet a été constitué lundi 15 juillet selon Vousfinancer, pourraient suivre, préviennent le courtier et l'UNPI. "L'encadrement des loyers n'empêchera pas les files d'attentes de candidats à la location dans les escaliers, c'est une mesure électoraliste à l'approche des élections municipales", gronde Pierre Hautus, directeur général de l'UNPI.

 

Toujours au chapitre de la politique du logement, l'Union nationale des propriétaires immobiliers et Vousfinancer souhaitent que la zone B2 continue à bénéficier du prêt à taux zéro (PTZ) neuf, auquel elle ne sera plus éligible d'ici à la fin de l'année. Or il s'agit d'une zone tendue, où le taux de propriétaires se limite en outre à 57%. "Le PTZ neuf représente une aide pour les primo-accédants et ne coûte pas cher en zone B2", puisqu'il est plafonné à 20% du montant de l'acquisition, contre 40% en zones A et B1, argumente Sandrine Allonier, directrice de la communication de Vousfinancer.

 

Les taux à un nouveau plancher

 

Plus globalement, "alors même que l'achat de la résidence principale constitue un élément clé pour préparer la retraite, les politiques publiques ne vont pas dans le sens d'une augmentation du taux de propriétaires", estime Jérôme Robin. Ce taux stagne en France depuis la crise financière de 2008, une tendance qui pourrait se poursuivre dans les prochaines années en raison du renchérissement des prix de l'immobilier et d'un niveau des taux d'intérêt qui présente de moins en moins de potentiel de baisse. Les taux des crédits immobiliers sont toutefois tombés à 1,25 % (hors assurance) en juin, selon les données publiées ce mardi par l'Observatoire Crédit Logement/CSA, un plancher jamais vu depuis la fin des années 1940, selon l'économiste Michel Mouillart, responsable de l'Observatoire.

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