TECHNOLOGIES. Transition énergétique et transformation numérique se conjuguent pour que le pilotage des infrastructures urbaines (voiries, réseaux) soit plus efficace et résilient. Vinci Energies déploie, depuis plus d'un an, une solution de gestion des espaces publics pour le quartier d'affaires de La Défense qui monitore treize systèmes différents. Découverte.

Les infrastructures sont à la fois de plus en plus complexes et de plus en plus intelligentes. Lydia Babaci-Victor, directrice du Développement et de l'Innovation chez Vinci Energies, explique : "Grâce aux architectures de l'Internet des objets, du Edge computing, de l'Intelligence artificielle, on les fait communiquer entre elles, au moyen d'un langage commun sur une plateforme qui les rend interopérables". Cette plateforme d'hypervision constitue un outil d'aide à la décision qui rend les process plus efficaces en supprimant l'effet de silo d'une juxtaposition de diverses solutions techniques. La proposition de Vinci Energies replace le client au centre du schéma et lui permet de disposer d'informations enrichies, pertinentes pour répondre à ses besoins. Tous les géants de l'énergie travaillent sur ces questions, à l'image de General Electric ou de Siemens. Mais c'est bien le groupe français qui dispose d'une référence prestigieuse depuis une année : l'hypervision du quartier de La Défense.

 

Jérémy Deville, de la division Building Solutions, renchérit : "L'enjeu est de concevoir et réaliser puis maintenir des systèmes intelligents au service des infrastructures de transport et des territoires : routes, aéroports, fluvial, transports en commun et ville. D'où la supervision d'automatismes, de travaux électriques, d'équipements et de capteurs, avec un système d'aide à l'exploitation qui monitore l'ensemble". Les solutions développées agrègent ainsi une multiplicité de données différentes, provenant de caméras de vidéosurveillance, de barrières automatiques ou d'équipements de sécurité incendie. Clémence Borezée, responsable d'affaires chez Vinci Energies, détaille les capacités du système d'hypervision : "Fournir une vision globale de la situation opérationnelle en temps réel, proposer un module de paramétrage et de restitution des rapports, interfacer et développer des passerelles entre les systèmes, aider à la décision en interprétant les données corrélées et en formulant des préconisations". A La Défense, l'hyperviseur gère ainsi la sécurité des accès, le trafic routier, les bornes de recharge des véhicules électriques, les consommations d'énergie et d'eau… En tout, treize systèmes différents, visualisables sur une cartographie 2D/3D rendue nécessaire par la configuration des lieux, sur trois niveaux empilés : voiries sur la dalle, dans les tunnels et dans les galeries techniques.

 

Hyperviseur La Défense
Hyperviseur La Défense © Vinci Facilities

 

Des scénarios pré-calculés pour répondre aux alertes

 

Cette véritable tour de contrôle du quartier regroupe 15.000 équipements et fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 dans un PC de sécurité relié à d'autres services. Le système envoie des messages d'alerte aux gestionnaires en cas de détection d'incidents. Clémence Borezée reprend : "En cas d'incendie qui se déclarerait dans une tour par exemple, un scénario pré-calculé proposera les mesures à prendre comme fermer à la circulation le tunnel adjacent, prévenir différents services de sécurité…". A l'autre extrémité du spectre, le simple signalement par un usager d'une panne sur une barrière automatique génèrera également une cascade de réactions dont l'envoi sur place d'un technicien. Mais l'hypervision pourra également s'adapter à l'échelle des bâtiments, où cohabitent déjà de multiples systèmes d'exploitation. C'est Philippe Conus, le directeur de Vinci Facilities, qui dévoile ces possibilités : "Appliqué au bâtiment, l'hyperviseur agrège toutes les données issues de multiples sources d'informations aux protocoles propriétaires différents, au service de l'exploitant et des occupants". La solution permet un suivi des interventions catégorisées, qu'il s'agisse de visites réglementaires, d'inspections préventives ou d'opérations curatives voire hors forfait. Elle communique directement avec tout un panel de logiciels variés : gestion technique du bâtiment (GTB), Energy management system (EMS), objets communicants, maquette numérique (BIM), gestion de la maintenance assistée par ordinateur (GMAO)… "L'idée est d'anticiper, de conseiller à distance. La prochaine étape sera le Building operating system (BOS), dont un démonstrateur sera déployé au futur siège de Vinci, L'Archipel, dans deux ans". Interrogés sur la pertinence des certaines nouvelles briques technologiques comme la blockchain ou la 5G, les experts de Vinci répondent : "Il n'y a pas encore de cas d'usage concret de blockchain. Et nous en sommes au début des travaux sur l'utilisation de la 5G. Elle pourrait permettre, par exemple, la diffusion de vidéo en direct entre un PC sécurité et un véhicule autonome". La ville de demain, où tout communique - infrastructures, véhicules, bâtiments, usagers - est donc d'ores et déjà en développement aujourd'hui.

 

Hypervision de l'éclairage public, du trafic, du stationnement…
Le groupe a mené d'autres expérimentations ailleurs en France et dans le monde, sur des systèmes d'hypervision, notamment à Rouen où il a développé une solution de gestion du trafic routier selon la pollution atmosphérique locale, permettant de mettre en place des itinéraires de délestage et de modifier le rythme des feux rouges tout en informant les usagers au moyen des panneaux à messages variables. A Canberra, la capitale australienne, Vinci déploie un hyperviseur dédié à l'éclairage public qui gère 80.000 points lumineux, dont 30.000 sont instrumentés. Le géant de la construction et des concessions soutien également l'offre Cityzen, un service aux citoyens connectés qui leur facilite l'accès à une place de parking.

 

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