LOGEMENT. Dans une note consacrée à la politique du logement en vigueur dans l'Hexagone, le groupe de réflexion des Gracques dénonce le "malthusianisme" pratiqué en la matière, et tire la sonnette d'alarme sur la "sinistralité" des chiffres de la construction. Quelques propositions sont avancées pour tenter de remédier à la situation.


Attribuer la notion de malthusianisme, qui nous vient tout droit des sciences politiques, à la politique française du logement est pour le moins original, et assurément surprenant. C'est pourtant ce que l'association Les Gracques a fait dans une note consacrée à la construction de logements dans l'Hexagone, document qui met en garde sur les mauvais chiffres en la matière ainsi que sur les obstacles structurels qui freinent les projets. Composés de représentants de la société civile, de hauts-fonctionnaires, d'anciens membres de cabinets ministériels, de chefs d'entreprises, de juristes ou encore d'enseignants, Les Gracques se présentent comme un groupe de réflexion et de pression souhaitant moderniser la sociale-démocratie tout en s'inscrivant dans une dynamique européenne.

 

Politiques et fonctionnaires estiment que la construction neuve a vécu et que le soutien à la rénovation devient la priorité

 

Dans la note qui nous intéresse ici, le lobby part du constat que la politique du logement pratiquée en France fait l'objet depuis quelques temps de débats et d'arbitrages portant sur le soutien public en la matière, mais influencés par une "thèse nouvelle" qui se serait propagée dans l'Administration et qui bénéficierait de nombreux relais d'opinion. Une thèse selon laquelle notre pays "disposerait déjà de suffisamment de logements pour satisfaire les besoins des Français (36 millions de logements pour 29 millions de ménages) - et ce y compris dans les zones dites tendues", explique l'association, qui ajoute que "le taux moyen d'occupation des logements [qui] est en décrue sur l'ensemble du territoire" en constituerait l'argument majeur.

 

Autrement dit, responsables politiques et fonctionnaires estimeraient donc que la construction neuve a vécu, et que le soutien à la rénovation devient la priorité. Pour illustrer leur propos, Les Gracques citent les montants du Plan de relance fléchés en direction des chantiers de rénovation - Ma prime rénov' à hauteur de 2 milliards d'euros, la réhabilitation des bâtiments publics pour 4 milliards, celle du parc social avec 500 millions - ainsi que la politique d'urbanisme de "dédensification" défendue par des élus écologistes, comme à Bordeaux ou à Strasbourg.
Il vous reste 68% à découvrir.
Ce contenu est réservé aux abonnés
Déja abonné ? Se connecter
Abonnez-vous maintenant pour le lire dans son intégralité
Et bénéficiez aussi :
D’un accès illimité à tous les articles de Batiactu
D’une lecture sans publicité
De toutes les interviews et analyses exclusives de la rédaction
actionclactionfp