SANTÉ. Avec cette vague de froid qui s'installe pendant quelques jours sur la France, le ministère du Travail appelle les employeurs à la vigilance. Pour des secteurs d'activité où le travail en extérieur est extrêmement fréquent, comme le BTP, des moyens de prévention simples permettent d'éviter des risques parfois sérieux.

Après qu'un épisode neigeux ait traversé une bonne partie Nord du pays dans la nuit de mardi à mercredi, le soleil s'installe pendant quelques jours, mais la vague de froid, elle, persiste. L'occasion pour le ministère du Travail d'appeler les employeurs à la vigilance : le bâtiment et les travaux publics étant un secteur d'activité où le travail en extérieur est extrêmement fréquent, des précautions doivent être prises afin d'éviter des risques qui peuvent parfois être graves pour la santé des collaborateurs. Bien évidemment, les autorités soulignent que ces nouvelles consignes ne doivent pas faire oublier les fameux gestes-barrières contre l'épidémie de Covid.

 

Pour rappel, le chef d'entreprise est juridiquement responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés. Ce qui implique pour lui de prendre toutes les dispositions nécessaires et de mettre en oeuvre des moyens de prévention adaptés. Dans le cas de températures basses, voire très basses, il doit s'assurer de "planifier le travail à l'extérieur en fonction des conditions météorologiques" et "limiter le travail en zone froide et prévoir un régime de pause adapté", ce qui passe par exemple par la mise à disposition de boissons chaudes et d'un local de repos chauffé. D'une manière générale, l'ensemble des protections individuelles adaptées doivent aussi être accessibles aux employés : gants, caleçons longs, pantalons et vestes isolants, surpantalons, chaussettes, bonnets... Des "dispositifs localisés de chauffage" peuvent également être attribués aux "postes particulièrement exposés". Enfin, il est recommandé d'éviter le travail isolé qui risque d'empêcher une alerte rapide des secours, et donc une prise en charge sanitaire rapide. S'il n'est vraiment pas possible de faire autrement, les autorités conseillent de prévoir "un système d'alarme en cas d'immobilité prolongée du travailleur".

 

Des risques parfois graves

 

Des préconisations qui peuvent réduire les risques liés au grand froid : une exposition directe et prolongée à des températures particulièrement basses impacte la santé et peut provoquer des gelures, plus ou moins importantes selon la sensibilité de la personne, des crampes, une diminution de l'irrigation sanguine des doigts qui se caractérise par leur pâleur, ou encore des troubles musculo-squelettiques engendrés par un manque de repos, des postures extrêmes ou des mouvements répétitifs. Mais les risques peuvent être bien plus graves, allant jusqu'à l'hypothermie, c'est-à-dire une baisse de la température corporelle en-dessous de 35°C. Cet état se traduit par des frissons, de la fatigue, des confusions voire des pertes de connaissance, et dans les cas les plus extrêmes, un coma.

 

Dernier point mis en avant par les autorités : les dispositions relatives à la récupération des heures perdues pour cause d'intempéries peuvent être mobilisées par les employeurs. "À défaut d'accord, la récupération des heures ne peut avoir pour effet d'augmenter la durée de travail de plus d'une heure par jour, ni de plus de 8 heures par semaine", note le ministère du Travail.

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