INNOVATION. Au cours du seul premier semestre, les acteurs spécialisés dans les bureaux partagés ont absorbé 119.000 mètres carrés en Ile-de-France, selon le cabinet Knight Frank. Une superficie qui équivaut à la quasi-totalité des 130.000 m2 de prises à bail enregistrées par le coworking sur l'ensemble de l'année 2018.

Effet de mode ou tendance de fond ? Une certitude, le coworking se fait une place à vitesse grand V sur le marché francilien de l'immobilier de bureaux. Au cours du seul premier semestre, les acteurs spécialisés dans les bureaux partagés ont absorbé 119.000 mètres carrés en Ile-de-France, selon le cabinet Knight Frank. Une superficie qui équivaut à la quasi-totalité des 130.000 m2 de prises à bail enregistrées par le coworking sur l'ensemble de l'année 2018. Le coworking confirme ainsi son rôle grandissant de moteur de la demande de bureaux en Ile-de-France, où un total de 1,13 million de mètres carrés a été commercialisé sur la première moitié de l'année.

 

"La progression fulgurante du coworking tient avant tout à la multiplication des prises à bail de grandes surfaces [supérieures à 5.000m2 ; Ndlr]", explique dans un communiqué Philippe Perello, associé gérant chez Knight Franck France. D'abord prisé des autoentrepreneurs et des start-ups, à la recherche de contrats de location plus flexibles que les classiques baux commerciaux 3-6-9 et comprenant une large palette de services, notamment en matière de connectivité, le coworking rencontre en effet un intérêt croissant de la part des grandes entreprises. L'ancienne start-up américaine WeWork, mastodonte du secteur, a récemment loué 7.300 m2 au numéro 170 du boulevard de la Villette dans le 19ème arrondissement de Paris. Wojo a de son côté loué 12.800 m2 au sein des Ateliers Gaîté, un programme qu'Unibail-Rodamco-Westfield livrera en 2020 près de la gare Montparnasse. Au total, le coworking est à l'origine de huit opérations de plus de 5.000 m2 en Ile-de-France, "ce qui en fait le secteur le plus dynamique du semestre, devant les services et les nouvelles technologies", précise Philippe Perello. Et ces huit opérations de plus de 5.000 m2 représentent 62% du volume des grandes transactions réalisées à Paris entre janvier et juin, contre 25% en 2018 et seulement 8% en 2017, souligne Knight Frank.

 

Une évolution qui suscite les convoitises d'acteurs traditionnels de l'immobilier, comme Nexity, qui a annoncé le 16 janvier l'acquisition de 54% du capital de Morning Coworking. Mais d'autres se veulent plus prudents, à l'image de Société de la Tour Eiffel (STE). "Nous n'avons pas d'exposition au coworking", a souligné son directeur général, Thomas Georgeon, jeudi 25 juillet, lors de la présentation des résultats semestriels de la foncière. "Nos clients n'ont pas d'appétence particulière pour le coworking, nous ne sommes pas une foncière parisienne", a expliqué le dirigeant. Surtout, Thomas Georgeon se dit "intrigué" par le modèle économique du coworking, souvent basé durant les premières années sur d'importantes franchises de loyer négociées avec les propriétaires d'immeubles. Une singularité qui pose la question de la pérennité des sociétés de coworking lorsqu'elles commenceront à payer des loyers. Par ailleurs, le patron de STE préfère "capter directement" le potentiel lié à la demande croissante de flexibilité et de services des entreprises en matière de contrats de location. Une manière de reconnaître la concurrence des sociétés de coworking.

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