DÉCARBONATION. Plusieurs ministres ont annoncé la mise en place du Conseil national de l'hydrogène, une nouvelle structure dont le rôle consistera à organiser les échanges entre l'État et les différentes parties prenantes sur cette technologie prometteuse. Elle mesurera également le bon déroulement des actions prévues et tentera d'identifier les éventuels freins.

C'est une nouvelle étape dans la stratégie du Gouvernement en faveur de l'hydrogène décarboné : ce 11 janvier 2021, les ministres Barbara Pompili (Transition écologique), Bruno Le Maire (Économie), Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie) ont annoncé la mise en place du Conseil national de l'hydrogène, une nouvelle structure censée faciliter le développement de cette téchnologie. "Cette instance aura pour rôle de structurer les échanges entre l'État et les parties prenantes de la mise en oeuvre de la stratégie, en particulier les filières industrielles, et de mesurer le bon déroulement des actions prévues pour identifier, le cas échéant, les éventuels freins", explique un communiqué de l'exécutif. "Elle contribuera ainsi au développement d'une filière française compétitive de l'hydrogène décarboné, favorisera l'émergence de projets collectifs visant à la structuration d'une chaîne de valeur complète sur notre territoire ou dans le cadre de coopérations européennes", précise-t-il.

 

Des industriels de la construction et de l'énergie membres du conseil

 

La composition de cette nouvelle instance a été proposée au Gouvernement par le vice-président du Conseil national de l'industrie (CNI), Alexandre Saubot : c'est donc dans le cadre du CNI et en associant l'association d'élus locaux Régions de France que le Conseil national de l'hydrogène se réunira autour, entre autres, du président de France Hydrogène, Philippe Boucly, du président d'ArcelorMittal France, Philippe Darmayan, d'un administrateur général du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), François Jacq, du président-directeur général d'EDF, Jean-Bernard Lévy, de la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, du PDG de Vicat, Guy Sidos (qui représente par ailleurs le Comité stratégique de la filière construction) ou encore du président de Syntec Ingénierie, Pierre Verzat.

 

"La coordination des industriels membres du Conseil national de l'hydrogène sera assurée via une co-présidence entre Patrick Koller (directeur général de Faurecia) et Benoît Potier (PDG d'Air Liquide)", indique également le communiqué. L'exécutif devrait en outre nommer prochainement un coordinateur interministériel qui sera en charge du secrétariat de l'organisation, "en lien avec les délégués permanents du CSF Nouveaux systèmes énergétiques et de France Hydrogène". D'un point de vue plus concret, le conseil devrait se réunir pour la première fois courant janvier, afin de dresser un premier bilan de la mise en oeuvre de la stratégie nationale et "un point d'étape sur la construction et le calendrier du PIIEC (Projet important d'intérêt européen commun)".

 

Déjà plusieurs actions engagées

 

Pour rappel, l'exécutif a annoncé, lors de la présentation de son plan France Hydrogène à l'automne 2020, qu'une enveloppe de 7 milliards d'euros serait investie à cet effet d'ici 2030, dont 2 milliards d'ici 2022 dans le cadre du Plan de relance. Cette stratégie poursuit trois priorités, à savoir la décarbonation de l'industrie, le développement des mobilités dites "lourdes" à l'hydrogène, et le soutien à la recherche et à l'innovation. Entre-temps, deux appels à projets intitulés "Briques technologiques et démonstrateurs" et "Écosystèmes territoriaux" ont été lancés en octobre dernier, et sont dotés respectivement de 350 et 275 millions d'euros dans le cadre du Programme des investissements d'avenir. De plus, un Programme prioritaire de recherche baptisé "Applications de l'hydrogène" a aussi été mis en place afin d'épauler la recherche et de "préparer la future génération des technologies de l'hydrogène", avec au pilotage scientifique le CEA et le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Enfin, 23 États-membres de l'Union européenne ont signé, le 17 décembre dernier, un manifeste "pour le développement d'une chaîne de valeur de l'hydrogène", première pierre du PIIEC évoqué plus haut, qui devrait être mis en oeuvre tout au long de l'année 2021.

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