SOCIAL. Le secteur du bâtiment a créé 32.600 postes au premier trimestre, selon la Fédération française du bâtiment. Qui fait état de perspectives d'emploi toujours "très bien orientées" pour les prochains mois.

S'il est un secteur qui a besoin de main d'œuvre, c'est bien le bâtiment. Cette industrie a créé 32.600 postes au premier trimestre, selon les chiffres de la Fédération française du bâtiment (FFB), publiés en fin de semaine. Dans le détail, le secteur a créé 29.300 emplois salariés de janvier à mars, soit une hausse de 2,7% par rapport à la même période de l'an dernier. L'intérim, a, de son côté, bénéficié de la création de 3.300 postes, soit une progression de 3% par rapport au premier trimestre 2018. Des tendances appelées à perdurer, la FFB évoquant des perspectives d'emploi "très bien orientées" pour les prochains mois.

 

Ces évolutions sont d'autant plus notables que, dans le même temps, l'activité a marqué le pas, avec un recul de 1,8% en volume au premier trimestre, dont un fléchissement de 3,1% pour le logement neuf et une baisse de 2,1% dans la rénovation.

 

Les "très bons chiffres" de l'emploi "signalent des tensions sur l'appareil de production, probablement plus importantes encore que nous le pensions en 2018", explique la FFB dans sa note de conjoncture trimestrielle. Au point que, sur le segment des entreprises de plus de dix salariés, près de trois dirigeants sur quatre déclarent éprouver des difficultés à recruter, d'après l'Insee. Une situation à laquelle "plus" d'un artisan sur deux se dit confronté.

 

 

Conséquence, entre autres, de cette pénurie de main d'œuvre, l'augmentation des salaires a "nettement" accéléré au premier trimestre, avec une progression de 3,5%, indique la FFB. Au total, les charges des entreprises du bâtiment ont crû de 2,4% de janvier à mars, alors que les prix ont augmenté de seulement 2,2%. Un effet de ciseau qui, pour le quatrième trimestre d'affilée, a provoqué un repli - de 0,7 point - du taux de marge moyen dans la branche construction, sur les trois premiers mois de l'année, à 24,8%. La FFB se dit "préoccupée" par cette évolution.

 

Elle a donc saisi l'occasion de la publication de sa note de conjoncture pour alerter à nouveau sur la menace que représente le projet de suppression de la déduction forfaitaire spécifique (DFS) sur les charges sociales. Selon la FFB, la disparition de cette niche fiscale coûterait environ 950 millions d'euros au BTP, un montant qui représente 8,8% de la masse salariale. "Avec une telle marche à monter, les formes alternatives d'emploi, comme l'auto-entrepreneuriat, ne manqueront pas de trouver un nouvel intérêt", prévient la fédération. Un statut qui peut être synonyme de précarité.

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