Mardi 30 septembre, les ministres du Travail, de l'Outre-Mer, de l'Economie et de l'Artisanat ont posé les bases de la convention "Agir pour l'emploi et la création d'activité" qui vise à soutenir les actions menées sur tous les territoires. Objectif : accompagner les créations et reprises d'entreprises, en particulier pour les personnes en parcours d'insertion ou de réinsertion professionnelle. Interview exclusive de Carole Delga, secrétaire d'Etat, chargée de l'Artisanat.

Les TPE dans le bâtiment ne sont pas oubliées et se retrouvent au coeur de la relance de l'emploi promise par le Gouvernement. Les ministres François Rebsamen (Travail), Emmanuel Macron (Economie) George Pau Langevin (Outre-Mer) et Carole Delga, secrétaire d'Etat, chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire ont signé, mardi 30 septembre une convention pluriannuelle 2014-2017 avec le secrétaire général de la Caisse des Dépôts et Consignations, Pierre-René Lemas. Objectif de cette convention : accompagner les créations et reprises d'entreprises, en particulier pour les personnes en parcours d'insertion ou de réinsertion professionnelle. Les ministres signataires et le groupe Caisse des Dépôts mobilisent ainsi au total une somme de 80,6 millions d'euros pour l'Etat et 45 millions en moyenne annuelle pour la Caisse des Dépôts. Carole Delga détaille à Batiactu les contours du dispositif.

 


Batiactu : Que représente pour vous la signature, de la convention dite "Agir pour l'emploi et la création d'activité" ?

 

Carole Delga : Cette signature est, non seulement la prolongation des différentes actions en faveur de l'emploi et de la création d'activités, mais surtout une amplification, notamment via le développement de l'économie sociale et solidaire, dans l'ensemble des secteurs y compris, évidemment, celui du bâtiment artisanal.
Signature de la convention Agir pour l\'Emploi au minsitère du travail
De gauche à droite au ministère du Travail: Carole Delga, secrétaire d'Etat, chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, François Rebsamen, ministre du Travail, Georges Pau Langevin, ministre de l'Outre-Mer et Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations. © S.C Batiactu
L'important est de mieux soutenir les artisans, les Sociétés coopératives et participatives (SCOP), mais aussi les personnes qui travaillent dans les restaurants d'insertion. Aujourd'hui, il existe un modèle économique, social et solidaire partenarial et participatif que l'on souhaite davantage développer.

 

Batiactu : Quatre ministères sont mobilisés pour l'emploi. En quoi cette démarche est-elle encourageante pour les TPE ?

 

Carole Delga : L'interministérialité permet une meilleure coordination pour une meilleure efficacité. Tous, nous travaillons ensemble pour mener conjointement des actions sur l'emploi. Nous prévoyons d'aller plus loin, en collaborant davantage sur la thématique de l'accès à l'emploi et sur le mode de gouvernance qui sera plus partagé, avec un focus particulier sur l'ensemble des territoires. En effet, tout le monde est concerné, même l'Outre-Mer, car son économie sociale et solidaire représente près de 51.000 salariés employés. Il est important de dire aux TPE ultramarines que ces départements représentent un véritable vivier d'emplois.

 

Batiactu : Concrètement quels sont les objectifs de ce protocole ?

 

Carole Delga : L'objectif est d'accompagner les 4.000 premiers recrutements sur 4 ans. En aucun cas, il ne s'agira d'un financement direct de l'entreprise ou de l'entrepreneur. La mesure proposée vise à encourager le "premier recrutement" en emploi pérenne, en agissant sur quatre facteurs : la capacité de gestion de l'entrepreneur ; la capacité économique de l'entreprise à supporter une augmentation de ses charges fixes, compte tenu des perspectives de développement ; la capacité de l'entrepreneur à mobiliser les dispositifs publics existants d'aide à l'emploi, pour alléger au moins transitoirement le coût salarial ; et, enfin, la capacité de l'entreprise à reconfigurer son outil de production pour l'adapter à sa nouvelle réalité numérique. S'agissant de l'économie sociale et solidaire, on a bien conscience qu'un effort de rattrapage, de mutualisation et de structuration, est indispensable.

 

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