VALORISATION. Pour répondre à l'extension de la Responsabilité élargie du producteur aux matériaux de construction à compter du 1er janvier 2022, les industriels du secteur annoncent créer leur propre éco-organisme. Celui-ci aura pour mission de valoriser les déchets inertes issus de la filière du bâtiment.

Le bâtiment va avoir son propre éco-organisme destiné à valoriser ses déchets inertes. Ce 18 mai 2021, les industriels du secteur ont annoncé le lancement de cette structure afin de répondre à l'extension du régime de Responsabilité élargie du producteur (REP) aux produits et matériaux de construction à compter du 1er janvier 2022, dans le cadre de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Dans les faits, l'Unicem (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction), la Filière Béton, le SNBPE (Syndicat national du béton prêt-à-l'emploi), le Sfic (Syndicat français de l'industrie cimentière), le SNROC (Syndicat national des industries de roches ornementales et de construction), l'UNPG (Union nationale des producteurs de granulats), la Fib (Fédération de l'industrie du béton) et le syndicat Routes de France se sont donc coordonnés pour mettre au point cet éco-organisme chargé de financer le traitement des déchets inertes issus des produits minéraux de la construction et de la déconstruction, afin d'améliorer plus largement les performances de la filière en matière de recyclage.

 

"Son actionnariat sera ouvert à l'ensemble des entreprises de la filière minérale. Dans une perspective d'optimisation continue de l'économie circulaire, des entreprises d'autres secteurs pourront également rejoindre cette démarche", indique l'ensemble des fédérations professionnelles dans un communiqué commun. Avec en toile de fond un objectif qui se veut clair : "recycler plus et partout". Chaque année, le bâtiment génère 33 millions de tonnes, dont le taux de valorisation atteint actuellement les 76%, ce qui en fait une des filières industrielles les plus à la pointe dans le domaine, après le secteur de la métallurgie. Mais le futur éco-organisme ambitionne de porter ce taux à 90% d'ici 2028 : pour ce faire, "il s'appuiera sur le maillage du réseau existant de 1.500 sites (déchèteries privées, plateformes de tri ou de recyclage) implantés sur l'ensemble du territoire et auxquels s'ajoutent 500 usines d'enrobés qui recyclent des matériaux récupérés sur les chantiers routiers ou de VRD (voiries et réseaux divers)", précisent les industriels. Sans oublier les quelque 4.000 déchèteries publiques réceptionnant les déchets inertes des particuliers qui complèteront le dispositif.

 

Traçabilité et transparence pour éviter les impairs

 

La mise en place d'une telle logistique nécessitera néanmoins de soutenir financièrement les maîtres d'ouvrage "exemplaires" dont les modalités de tri sur leurs chantiers répondent aux standards de collecte séparée, ainsi que les collectivités territoriales, pour leur permettre "une reprise sans frais" des déchets provenant des particuliers "sur les points d'apport volontaire qu'elles exploitent". Enfin, une enveloppe devra être débloquée pour l'instauration d'un système de traçabilité "permettant de soutenir la lutte contre les dépôts sauvages et de distinguer les matériaux destinés au secteur du bâtiment (soumis à la Rep) des matériaux destinés au secteur des travaux publics (non-soumis à la Rep)". Ce qui impliquera aussi une transparence de l'éco-contribution, pour éviter par exemple une mutualisation des coûts de fonctionnement de la filière Rep avec les activités de TP hors de son périmètre.

 

Industriels et pouvoirs publics se donnent encore un temps de réflexion pour finaliser l'organisation de l'éco-organisme, dont le fonctionnement définitif devrait être présenté au mois de juillet.

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