RENOVATION ENERGETIQUE. Afin de relancer l'éco-prêt à taux zéro, le rapport du Plan Bâtiment Durable sur la rénovation énergétique du parc locatif privé préconise de mieux rétribuer le secteur bancaire, qui ne couvre pas ses frais dans ce domaine.

"Rendre l'éco prêt à taux zéro efficient." Cette proposition du rapport sur la rénovation énergétique du parc locatif privé, publié le 23 octobre par le Plan Bâtiment Durable (PBD), semble tout avoir du vœu pieux. Ses auteurs, Pierre Hautus, directeur général de l'Union nationale des propriétaires immobiliers, et Michel Pelenc, directeur général de la Fédération Soliha, mettent en exergue "l'impact très limité" de ce prêt sans intérêts, destiné à financer la rénovation énergétique de logements, avec 18.755 prêts émis en 2018. Et le rapport d'enfoncer le clou : Les résultats du premier trimestre 2019 "sont encore moins significatifs, avec seulement" 3.378 éco-PTZ accordés.

 

Les chiffres du deuxième trimestre 2019, publiés ce mois-ci par la Société de gestion des financements et de la garantie de l'accession sociale à la propriété (SGFGAS), montrent pourtant un rebond des émissions, alors qu'elles s'inscrivent dans une tendance baissière depuis le lancement de l'éco-PTZ en 2009. Le nombre d'éco-PTZ s'est élevé à 7.504 sur la période d'avril à juin, soit une multiplication par plus de deux par rapport aux 3.378 émis au premier trimestre. La dynamique est également flatteuse sur un an glissant, avec un volume d'émissions en hausse de près de 55%. Quant au montant total prêté, il a atteint 108,43 millions d'euros au deuxième trimestre, soit un quasi-doublement par rapport à la période de janvier à mars, et une augmentation de près de 25% en rythme annuel.

 

Vers une augmentation de la rémunération des banques?

 

La conséquence du décret du 5 avril 2019, qui a supprimé l'obligation de réaliser un bouquet de travaux de rénovation énergétique pour bénéficier de l'éco-PTZ individuel, désormais accessible pour financer un seul chantier ? Las ! "Il ne faut pas voir là le plus petit début d'un retournement de tendance. Il s'agit simplement d'un effet de temporalité et administratif, avec en toile de fond une régulation budgétaire et la complexité des dossiers", explique à Batiactu l'économiste Michel Mouillart.

 

Une complexité qui ne vaut pas seulement pour les emprunteurs mais également pour les banques. "L'éco-PTZ se heurte essentiellement au faible taux de rémunération accordé par l'Etat aux banques. Celles-ci ne couvrent pas leurs frais", souligne le rapport du Plan Bâtiment Durable sur la rénovation énergétique du parc locatif privé. Ce texte suggère donc "d'encourager les banques à distribuer l'éco-PTZ via une augmentation de leur rémunération."

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