DÉBATS. Pour faire face à la "révolution" qui attend le secteur du Bâtiment en termes de matériaux et de techniques constructives, il faut développer et structurer les filières, estime l'Ordre des architectes, interrogé lors d'une table-ronde, en février. La Ville de Paris, elle, exige systématiquement l'utilisation de matériaux biosourcés pour ses rénovations de logements sociaux. Enfin, l'USH rappelle que la crise écologique ne doit pas faire oublier les crises sociales.


Les crises environnementale et climatique vont imposer de modifier la façon de construire les bâtiments, et donc de les concevoir. La question de la valeur environnementale des matériaux, dans ce cadre, devient primordiale. Mais les éco-matériaux, aujourd'hui, représentent une part infime de ce qui est utilisé pour construire. A l'occasion de la journée de débats sur le logement, organisée par le journal L'Humanité, mi-février, au pavillon de l'Arsenal, à Paris, Christine Leconte (Cnoa), Jacques Baudrier (Ville de Paris) et Emmanuelle Cosse (USH) ont pu échanger leurs vues sur le sujet.

 

La présidente du Conseil national de l'Ordre des architectes a rappelé que le Bâtiment avait un rôle immense à jouer dans l'adaptation et l'atténuation des changements climatiques. En 2100 en effet, 74% de la population mondiale sera soumise à "20 jours de canicule mortelle par an". Et 66% des déchets viennent du BTP. Dès lors, ce qui attend le secteur n'est ni plus ni moins qu'une "révolution", de l'ordre de ce qu'il a connu "dans les années 30". Avec l'enjeu de "limiter les démolitions actuelles et futures, en concevant des bâtiments ultra-démontable ou ultra-modulables". Mais aussi, de "faire mieux avec moins de matière".

 

Aller chercher la meilleure solution… à proximité

 

Pour cela, explique Christine Leconte, il va falloir "repenser le confort", et "sortir d'un urbanisme individualisé". "Il faut placer le trinôme maître d'ouvrage-maître d'œuvre-habitants au cœur du dispositif, pour s'assurer de la qualité des réalisation". Avec une "bonne nouvelle" : "les architectes qui entrent dans les écoles ont envie de ça, ils sont là pour servir l'intérêt général". "Aujourd'hui il y a une volonté forte des architectes pour lancer des passerelles ; des pionniers il y en a dans toute la France. Il va falloir que ça devienne normal, pas exceptionnel".

 

Au niveau des matériaux, cela passera par un principe : "aller chercher à proximité la meilleure solution" pour construire. Elle demande que l'Etat soutienne les filières, avec une éco-conditionnalité des aides, notamment. Ou encore des cartographies en open source "pour que tous les maîtres d'ouvrage sachent ce qu'il y a à proximité". Il s'agit, en somme, de "territorialiser les solutions".
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