Depuis le 15 octobre dernier, un collectif constitué d'artisans, concepteurs et même d'auto-constructeurs dénonce publiquement les dysfonctionnements de Reconnu Garant de l'Environnement. Selon "RGE… pas comme ça!", le dispositif n'atteindra pas les ambitions qu'il s'est fixé, mais surtout il est coûteux, contraignant et inefficace pour garantir une efficience thermique du bâti. Explications et réactions.

Il était attendu de pied ferme… mais pas par tous ! Le décret relatif à l'éco-conditionnalité des aides, qui implique que les artisans doivent désormais être labellisés RGE, ne fait pas que des heureux dans le monde de l'artisanat du bâtiment. En effet, un collectif baptisé "RGE… pas comme ça!", créé le 15 octobre dernier à l'initiative des associations Eco-bâtir et Approche EcoHabitat, vient bousculer les idées établies sur le RGE.

 

Ce collectif dénonce ainsi le fait que les acteurs historiques de l'éco-construction - c'est-à-dire les artisans qui s'intéressent au sujet depuis longtemps, à force d'expériences et de formations - n'aient pas été consultés au moment de l'élaboration de ce dispositif, et que les pouvoirs publics nient, de fait, leurs compétences. Il récuse également les formations Feebat, payantes de surcroît, qui "obligent toutes les entreprises à payer un certificat pour chacune de leur activité" et qui "punissent [les entreprises] qui ont de multiples compétences, favorisant au contraire celles qui n'en ont aucune (…)". Il s'indigne aussi d'"une démarche malhonnête qui veut faire croire qu'avec trois jours de formation, une entreprise devient apte à faire de la prescription impartiale, niant l'existence de tous les professionnels de la conception".

Référé en suspension à venir

"L'idée n'est pas de supprimer le décret RGE, mais bien de l'améliorer et de le modifier", nous confie un professionnel proche du collectif. Collectif qui, depuis juin dernier, a alerté les ministres du Logement et de l'Ecologie dans une lettre ouverte restée sans réponse à ce jour, également par une cyberaction qui prendra fin au 31 décembre prochain, et par la présentation d'un référé en suspension du décret. La création du collectif n'est donc qu'une suite logique pour faire davantage entendre leur voix. Et l'homme de poursuivre : "RGE est symbolique du fonctionnement de notre société en général. Il n'y a pas assez de démocratie directe, et les décideurs n'ont pas toujours raison. Pour RGE et les différents labels, on pourrait trouver un système mieux adapté, qui passerait par les chambres des métiers, dont c'est le rôle de gérer les corps de métier. Mais on ne leur a rien confié de tel".

 

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