Les artisans du bâtiment sont plus que jamais prêts à relever le défi de la rénovation énergétique des logements : c'est ce qu'a réaffirmé Jean Lardin lors de l'assemblée générale de la Capeb qui se tenait vendredi, dans un contexte de baisse d'activité des professionnels du secteur. Retour sur ses déclarations.

«Jamais vous ne nous entendrez hurler avec les loups : au contraire, nous mettrons toujours en évidence les raisons d'espérer», a déclaré Jean Lardin lors de l'assemblée générale de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui s'est tenue vendredi 17 avril à Paris. Et la principale raison d'espérer, selon le président de l'organisme, est l'arrivée de l'éco-prêt à taux zéro. «Optimiser la performance énergétique de 31 millions de logements, cela donne du cœur à l'ouvrage en même temps que des responsabilités». Surtout dans un contexte de perte de vitesse de l'artisanat du bâtiment, un secteur où l'activité a baissé de 4% en volume au premier trimestre 2009. Pour Jean Lardin, la balle est désormais dans le camp des banques qui, par leur contribution, pourront aider à faire émerger quelque 30.000 Eco artisans pour attaquer le grand chantier de la rénovation thermique.

 

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borloo capeb © MD - Batiactu
C'est justement au lendemain de la signature des premiers éco-PTZ dans les banques, que Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'aménagement du territoire, est venu dire aux adhérents de la Capeb qu'ils étaient «l'armée la plus importante dans la bataille» pour la rénovation énergétique des bâtiments. «Cette bataille va se jouer sur votre compétence, votre envie, mais aussi votre réputation», a estimé le ministre, qui a en outre émis l'idée de lancer un mode de financement permettant à tous les artisans de posséder une caméra thermique. «Pour le client, avoir une visualisation de son logement est extrêmement parlant», a-t-il indiqué avant de rappeler que «grâce à l'éco-PTZ, le chiffre d'affaires annuel de la rénovation de logements va passer de 9 milliards d'euros par an à 18 milliards en 2013».

 

Dépoussiérer la formation
«Je suis prêt à dire du bien de l'éco-PTZ si vous dites du bien de l'Eco artisan», a répondu Jean Lardin à Jean-Louis Borloo. Au sujet de ce label, le président de la Capeb a d'ailleurs expliqué que les premiers Eco artisans, ces professionnels maitrisant leur métier mais aussi l'analyse de la situation énergétique d'une construction, venaient de recevoir leurs diplômes. «Je suis convaincu que, dans un an, pour notre prochain congrès, c'est par milliers que nous les compterons», a déclaré le président de la Capeb pour qui il faut en outre «dépoussiérer les meubles de la formation», afin de mettre au goût du jour des dispositifs vieux de trente ans pour que ceux-ci prennent en compte la diversité et la dissémination des petites entreprises.

 

Autre sujet sur lequel Jean Lardin a demandé au ministre d'être l'avocat des artisans du bâtiment «auprès de [ses] collègues du gouvernement» : le statut d'auto-entrepreneur, «pur produit de la schizophrénie politique» créant, selon le président de la Capeb, «les conditions d'une concurrence déloyale». Dans la salle, ces propos ne manquent d'ailleurs pas de déclencher les applaudissements des adhérents de la confédération.

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