"Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon", a déclaré Élisabeth Borne sur l'antenne de France Inter ce jeudi 1er septembre. La Première ministre met donc la pression sur l'électricien national pour qu'il fasse en sorte de tenir son calendrier de maintenance de centrales atomiques, non seulement pour garantir l'approvisionnement énergétique de la France en vue de cet hiver qui pourrait s'avérer compliqué, mais aussi pour ne pas remettre en service la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, ce qui reviendrait à recourir à une des sources d'énergie les plus polluantes.
Il faut dire que la situation du parc nucléaire est pour le moins tendue : seulement 24 des 56 réacteurs fonctionnent actuellement, le reste étant à l'arrêt, soit pour des opérations de maintenance programmées, soit en raison de problèmes de corrosion qui ont été détectés ces derniers mois dans un certain nombre d'installations.
Particuliers et entreprises devront aussi faire des économies d'énergie
Mais la cheffe du Gouvernement a aussi indiqué qu'elle comptait sur les particuliers et les entreprises pour réaliser des économies d'énergie, ce qui permettrait de ne pas procéder à des délestages, autrement dit des coupures de courant tournantes par quartiers. Élisabeth Borne a également répondu aux critiques émises par le président-directeur général d'EDF sur le départ, Jean-Bernard Lévy, sur le manque d'anticipation de l'exécutif sur la formation du personnel dans l'industrie nucléaire.
"On n'a pas dévié, depuis 2017 on demande à EDF de mettre en oeuvre son programme de maintenance lourde, de recruter des compétences", a-t-elle affirmé, en ciblant donc la question de la formation. "Ce n'est pas parce qu'on a fermé deux réacteurs (à Fessenheim, NDLR) suite aux décisions prises sous le quinquennat de M. Hollande, qu'on n'a pas assuré EDF qu'il faudrait continuer à produire de l'énergie nucléaire." Et d'insister : "Entre-temps, on a acté qu'on allait construire des nouveaux réacteurs, mais sur le parc existant, c'est très clair, il n'y a jamais eu aucune ambiguïté. Évidemment, il faut prolonger ce parc, il faut assurer les opérations de maintenance nécessaires et recruter."
Toujours dans le dossier EDF, la locataire de Matignon a fini par confirmer que le recrutement du nouveau patron d'EDF était bien "en cours de finalisation", sans pour autant donner de date pour une éventuelle annonce. Pour rappel, ce changement à la tête du groupe intervient au moment où l'État a engagé la renationalisation intégrale de l'entreprise.
C.P. avec AFP
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