Sur les quelque 13.000 défaillances d'entreprises enregistrées sur un an au deuxième trimestre 2017, l'étude Altares publiée ce 10 juillet révèle que 3.311 ont été chiffrées dans le secteur de la construction, soit une chute de -16,6%. Un constat jamais observé depuis vingt ans.

Avec 12.925 défaillances d'entreprises enregistrées sur un an, au second trimestre 2017, l'étude du cabinet Altares, révèle le 10 juillet 2017, que le nombre de défaillances d'entreprises* a baissé de 7,8 % sur un an. Du jamais vu depuis vingt ans. Un constat qui se traduit également dans le secteur de la construction. Son nombre de défaillances évalué à 3.311 a donc chuté de -16,6 % au second trimestre 2017 par rapport à la même période en 2016.

 

Même constat dans le bâtiment et l'immobilier

 

Globalement, la construction a enregistré 64 sauvegardes, 963 redressements judiciaires et 2.284 liquidations judiciaires, dévoile l'étude Altares. En détails, le bâtiment et l'immobilier comptabilisent respectivement 27 et 37 sauvegardes ; 795 et 168 redressements judiciaires et enfin 2.006 et 278 liquidations judiciaires sur la même période.

 

"Même en remontant jusqu'en 1997, on n'observe pas autant d'indicateurs positifs sur autant de secteurs et sur des tailles d'entreprise aussi variées", a signalé, Thierry Millon, directeur des études d'Altares. Dans la même analyse, le cabinet rappelle que l'année 2017 avait débuté par un premier trimestre tombé pour la première fois depuis 2008 sous le seuil des 16.000 défaillances. Sur les trois premiers mois de l'année 2017, 15.667 entreprises avaient été placées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, contre 16.309 un an plus tôt.

 

Au final, "pour la première fois depuis 2012, plus de 30 % des jugements prononcés sont des ouvertures de redressement judiciaire, signes que les entreprises se présentent devant le tribunal avec une situation financière non définitive permettant à ce dernier d'envisager une solution de rebond par continuation ou cession", explique Thierry Millon.

 

Les TPE également dans une bonne tendance positive

 

Autre point également évoqué dans l'étude : les défaillances comptabilisées selon les types d'entreprises. Elles reculent donc à un rythme proportionnel à la taille de l'entreprise, constate l'étude. "La baisse est ainsi de 10% pour les TPE de 3 à 10 salariés, 13% pour les PME de 10 à 49 salariés et même 34% pour celles de 50 à 99 salariés", ajoute-t-elle. Seules les sociétés de plus grande taille, au-delà de 100 salariés, affichent une évolution défavorable (+11%). Ces dernières représentent seulement une trentaine de sociétés, soit un volume qui demeure faible après un deuxième trimestre au plus bas sur 10 ans. 20% de ces sociétés ont évité la liquidation judiciaire.

 

Quant aux entreprises de moins de trois salariés, "elles sont naturellement les plus nombreuses à déposer le bilan mais elles aussi s'inscrivent, ce deuxième trimestre, sur de bonnes tendances après un premier trimestre stable voire hésitant", indique Altares. Au total, ce sont près de 9.397 micro entreprises qui sont tombées en défaillance, au second trimestre 2017, c'est-à-dire 6,7% de moins en comparaison du même trimestre 2016. Ce qui représente le meilleur chiffre depuis 2010.

 

Que signifie la défaillance d'entreprise ?


*Rappelons que la défaillance d'entreprise correspond à l'ouverture d'une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d'un Tribunal de commerce ou de grande instance. "Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad 'hoc ou conciliation) ni les suites d'ouverture (arrêt de plan ou conversion en liquidation)", précise Altares dans sa note méthodologique. Le jugement prononçant le redressement judiciaire ouvre une période d'observation devant permettre à l'administrateur de dresser le bilan économique et d'élaborer un plan de redressement. La durée de la période d'observation est de six mois renouvelable une fois avec une prolongation exceptionnelle de six mois à la demande du procureur de la République, soit au total 18 mois.

 

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