Après avoir atteint leur plus bas historique en juin 2013, à 2,89 %, les taux d'intérêts des crédits immobiliers accordés aux particuliers par les banques de France sont de nouveau redescendus, en mars dernier, en moyenne à 3 %, vient de signaler l'observatoire Crédit Logement/CSA. Explications.

Dans sa dernière note de conjoncture mensuelle, l'Observatoire Crédit Logement/CSA du Financement des marchés résidentiels a constaté, jeudi 24 avril que la baisse des taux des prêts (hors assurance et coût des suretés) s'est sensiblement accélérée depuis le début de l'année 2014, sur l'ensemble du marché des prêts de l'habitat.

 

En détails, en mars dernier, les taux des prêts du secteur concurrentiel se sont ainsi établis à 3% - en moyenne 3,09% pour l'accession dans le neuf et 2,98% pour l'accession dans l'ancien- d'après les données publiées par l'Observatoire. "Après avoir repris 19 points de base entre juin et octobre 2013, les taux avaient légèrement reculé au cours du troisième trimestre 2013, pour s'établir à 3,08% en décembre", souligne également la note conjoncturelle. Effectivement, avec 2,89 %, les taux d'emprunt avaient atteint leur plus bas taux historique, en juin 2013.

 

L'Observatoire approfondit son analyse en précisant que les taux d'emprunt "ont diminué plus rapidement au cours du 1er trimestre 2014, cédant 8 points de base et revenant à leur niveau d'août 2013".

 

Vers une expansion de la demande ?
Un tel repli signifie que "les taux des crédits immobiliers sont maintenant propices à l'expansion de la demande". Une demande dont la Banque de France a récemment pointé du doigt le manque de dynamisme.

 

S'agissant de la durée des prêts accordés, elle s'établit en mars 2014 à 206 mois, en moyenne contre 199 mois en février dernier. "La durée moyenne qui avait fortement reculé au début de l'année 2013 - avec le repli de la primo-accession sous l'effet de la dégradation du prêt à taux zéro (PTZ+), recentré sur le neuf - s'était ressaisie au début du printemps, une fois le choc du PTZ+ absorbé", rappelle l'analyse. Mais dans l'ensemble, ajoute-t-elle, elle s'était stabilisée à un niveau plus bas qu'auparavant, soit environ 8 mois de moins qu'en 2011, lorsque la primo-accession était particulièrement dynamique".

 

Autre point à retenir ? "Alors que les flux de la primo-accession des jeunes ménages sont déprimés, notamment dans le neuf, la durée moyenne des prêts accordés a encore diminué durant le 1er trimestre 2014", complète l'observatoire. Toutefois, la note conjoncturelle observe dans le même temps, que le niveau de l'apport personnel s'est redressé au cours du 1er trimestre 2014 avec 3,1 % sur un an en glissement annuel, après 5,6 % en 2013, notamment, "dans un contexte de panne de la primo-accession et de renforcement des difficultés d'accès à la propriété des ménages modestes".

 

Aussi, alors que les conditions de crédit se sont améliorées, l'indicateur de solvabilité de la demande se ressaisit lentement."Il s'établit néanmoins à bas niveau au 1er trimestre 2014, au regard des observations faites depuis le début des années 2000", ajoute l'observatoire.

 

La production de crédits dans l'ancien marque le pas en 2014
Après, effectivement, une dégradation sévère en 2012, la production de crédits à l'ancien s'est ressaisie fortement en 2013 avec +46,6%. En 2014, la production quant à elle a fléchi, comme cela est habituel durant les périodes hivernales. "Elle s'affiche néanmoins toujours en production rapide, avec +36% en rythme annuel (Ndlr : en année glissante)", conclut la note conjoncturelle. Et le nombre de prêts accordés augmente à un rythme moins soutenu que la production avec +34,1% en rythme annuel, également, en année glissante.

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