RÉNOVATIONS. Satisfaits de l'ouverture du dispositif MaPrimeRénov aux copropriétés, trois organisations s'engagent sur le lancement de 50.000 chantiers dans les trois prochaines années. A certaines conditions, qu'ils ont faites connaître au Gouvernement.

Plurience, l'Unis, et la Fnaim, trois organisations de professionnels de l'immobilier, se sont réunis pour demander à la ministre chargée du logement, Emmanuelle Wargon, une série de mesures qui leur permettraient, si elles étaient adoptées, "de faire voter et lancer 50.000 chantiers de rénovation de copropriété dans les trois prochaines années".

 

Jean-Michel Camizon (Plurience), Danielle Dubrac (Unis) et Jean-Marc Torrollion (Fnaim) se disent satisfait de la place accordée à la rénovation des copropriétés dans le plan de relance. Celui-ci prévoit en effet d'ouvrir aux copropriétés MaPrimeRénov, que l'Etat va abonder de 2 milliards d'euros supplémentaires en deux ans. Seul problème : les modalités précises de cette ouverture n'ont pas été encore définies.

 

Les syndics en première ligne

 

Mettant en avant "le rôle rôle sociétal du syndic" dans la conduite des rénovations énergétiques, les professionnels de l'immobilier demandent que MaPrimeRénov soit allouée aux syndicats de copropriétaires éligibles "selon un objectif de résultat énergétique dans la rénovation globale votée, sans tenir compte des revenus individuels" de chacun des copropriétaires. Une demande qui semble avoir la faveur du gouvernement, même si aucune annonce n'a été faite.

 

Ils demandent également que la décision de faire réaliser les diagnostics techniques globaux (DTG) soit déléguée au conseil syndical. Aujourd'hui en effet, cette "première étape indispensable à la rénovation de toute copropriété" est décidée par l'assemblée générale de la copropriété. Ces diagnostics seraient éligibles à MaPrimeRénov "à hauteur de 50% dans la limite de 10.000 €", précise le communiqué commun aux trois organisations.

 

Pérennité des dispositifs

 

Les professionnels demandent que les plans pluriannuels de travaux, qui seront bâtis sur la base de ces diagnostics globaux, soient pris sur une base quinquennale, ce qui leur donnera "force de certification dans la durée, pour le maintien et la pérennité des aides de l'Etat qui auront présidé à la prise de la décision des travaux".

 

Enfin, l'Etat devra "pérenniser sur cinq ans ses engagements en faveur des dispositifs de rénovation véritablement utiles aux copropriétés" : MaPrimeRénov Copros, donc, mais aussi les CEE (certificats d'économies d'énergie), dont la 5ème période, qui s'ouvre au 1er janvier 2022, "doit enfin donner la prime à la rénovation globale". L'administration a commencé à travailler avec le secteur à l'élaboration de cette P5 des CEE, le débat est donc ouvert. Pour Plurience, l'Unis et la Fnaim en tout cas, "les syndics sont les seuls à pouvoir assumer le rôle de maitres d'ouvrage d'un vaste mouvement de rénovation de copropriété".

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