Au lendemain de l'annonce d'Emmanuelle Cosse au ministère du Logement, les réactions étaient déjà nombreuses. Si la bienvenue est de rigueur, les acteurs ne veulent pas perdre de temps et entendent bien poursuivre la dynamique enclenchée ces derniers mois. Verbatim.

La passation de pouvoir n'était même pas encore effective qu'Emmanuelle Cosse tenait ses premiers propos au sujet de la loi Alur, texte porté par sa consoeur des Verts, Cécile Duflot alors qu'elle était aux commandes du Logement jusqu'en 2014. « La loi Alur est une grande loi de ce quinquennat, portée par une grande ministre du Logement, qui porte des éléments extrêmement importants (dont) l'encadrement des loyers, qui devait concerner 28 agglomérations », a-t-elle indiqué au micro de France Inter, ce vendredi 12 février.

 

Concernant l'abandon de la Garantie universelle des loyers (GUL) au profit du dispositif Visale, elle a déclaré : « Il faut le dire, beaucoup de partenaires n'en ont pas voulu, ils ont préféré un système d'assurance ». Reste qu'elle entend prendre son nouveau rôle très à cœur, et souhaite ainsi « remettre de l'égalité dans l'accès au logement ». Pour cela, elle a promis de « faire le point avec l'ensemble des acteurs du logement et notamment ceux qui le financent, pour trouver des solutions et avoir des réponses sociales ». Avant d'ajouter : « On doit agir, aider les bailleurs sociaux, les promoteurs privés, pour construire mieux et vite, et aussi entrer dans le logement du 21e siècle (…) ».

 

Les professionnels de l'immobilier sur leurs gardes

 

Et justement, l'Union sociale pour l'habitat (USH) a appelé, dans un communiqué, le nouveau Gouvernement « à agir résolument en faveur du logement social et des quartiers ». L'organisme, qui représente quelque 740 entités Hlm via 5 fédérations, attend surtout du gouvernement « le respect de la totalité de ses engagements pris lors de la signature du Pacte d'objectifs et de moyens (sept. 2013), de la signature de l'Agenda Hlm (sept. 2014), et appelle à la concrétisation des engagements pris par le Président de la République lors du Congrès Hlm de septembre 2015 ». Il a rappelé son opposition à tout nouveau prélèvement financier et « engage la nouvelle ministre à être la première défenseuse du logement social face aux décisions budgétaires court-termistes ».

 

« Œuvrer pour une politique sociale du logement », c'est aussi l'appel de la Confédération nationale du logement (CNL), qui espère que la nouvelle ministre « sera plus à l'écoute des forces vives de la société civile ». Pour l'organisation, « il est indispensable de revenir sur les mesures avancées par le projet de loi Egalité et Citoyenneté qui portent atteinte aux droits des locataires ».

 

La loi Alur, un sujet de préoccupation pour la Fnaim, qui indique, dans un communiqué : « Nous devons rapidement connaître ses positions quant à la mise en place de la loi Alur et les différents décrets d'application qui en découleront ».

 

Poursuivre les efforts et rester dans la dynamique

 

Et puis, il y a ceux qui souhaitent poursuivre le travail entamé avec Sylvia Pinel et rester dans la continuité. Ainsi, le Syndicat national des aménageurs lotisseurs (Snal) préconise, via un communiqué, de « travailler en partenariat et de manière constructive » et de « continuer le travail déjà accompli dans la concertation ».

 

Même son de cloche du côté de LCA-FFB (organisation née de la fusion de l'UCI-FFB et l'UMF, ndlr). Patrick Vandromme nous confie qu'il souhaite que ce qui a été mis en place avec Sylvia Pinel se poursuive. « Un gros travail a été effectué et il commence à porter ses fruits. Il ne faudrait pas casser cette dynamique ». Mais il prévient : « Nous sommes d'accord pour travailler avec une approche environnementale, mais à condition que les coûts soient maîtrisés ». Il prône au final une collaboration constructive. Le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Jacques Chanut, est plus direct : « Aujourd'hui, les mesures pour accompagner la reprise du marché et répondre à l'appétence des Français pour le logement semblent commencer à produire des effets. La plus grande erreur serait de vouloir bouleverser ce qui marche (PTZ neuf et ancien, Pinel…). Même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, nous continuerons de travailler avec elle pour toujours enrichir et accompagner des mesures efficaces et bénéfiques (…). Il faut donc se mettre au travail avec aucun a priori négatif ».

 

Catherine Jacquot, présidente de l'Ordre des architectes (Cnoa) tient à saluer le travail mené avec Sylvia Pinel, qui a toujours associé la profession à toutes les mesures et concertations. « Nous espérons que cela se poursuivra avec Emmanuelle Cosse, dans ce même esprit de concertation. Mais nous avons surtout une attente : construire des logements, et sortir du phénomène du mal logement », nous glisse-t-elle.

 

Enfin, Patrick Liébus, président de la Capeb, se satisfait aussi de ces nominations, même si désormais le nombre d'interlocuteurs risque d'augmenter, mais se réjoui qu'un ministre de plein exercice ait été nommé. « J'ai, pour l'instant, besoin de savoir si la politique engagée sera suivie ou si l'on doit s'attendre à des changements de la teneur de son ancienne collègue des Verts », nous avoue-t-il. D'ores et déjà, il a demandé à rencontrer la ministre. « J'espère que le travail mené avec Sylvia Pinel, qui est maintenant bien orienté, ne sera pas mis à mal. Faire des changements à quelques mois des Présidentielles, ce serait compliqué et pas conforme aux besoins de stabilité et de durabilité de notre secteur ». Avant de conclure : « Je veux comprendre la direction qui est souhaitée et dire ce qui est souhaitable ».

 

Quant au nouveau ministère de l'Aménagement des territoires et de la ruralité, confié à Jean-Michel Baylet, il fait la satisfaction de l'association des maires ruraux de France (AMRF). « L'AMRF constate avec intérêt la réapparition, bien que tardive, de l'intention de bâtir une France plus équilibrée. (…) Si la ruralité figure toujours dans la dénomination du ministère, les élus ruraux attendent des derniers mois qui précèdent l'élection présidentielle que les actions présentées dans les deux plans ruralités soient mises en oeuvre de manière rapide. Nous assumerons nos responsabilités pour que la ruralité ne soit pas traitée en fin de mandature sous le signe de la correction des oublis ou des rendez-vous manqués », précise un communiqué. La ruralité, un sujet cher également au Synamome…

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