DÉCISION. Le chauffage bois va vivre un changement dans les années à venir, avec l'interdiction à la vente des équipements les plus polluants et inefficaces. Explications avec Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB).

Le sujet des chauffages bois trop polluant a fait récemment l'objet d'une question au gouvernement. Celle qui était alors ministre des Transports, Élisabeth Borne (depuis nommée à la Transition écologique et solidaire en remplacement de François de Rugy), précisait à cette occasion que la réglementation européenne allait rendre obligatoire, à compter de 2022, le niveau 'Flamme verte sept étoiles' à ce type d'équipements. "La filière doit progresser, et le label Flamme verte ne sera plus délivré qu'aux appareils 'Flamme verte sept étoiles' au 1er janvier 2020", précisait-elle aussi. Eric Trendel, président du Syndicat français des chaudiéristes biomasse (SFCB), nous en dit plus. "En application de la directive Eco design, la réglementation va effectivement empêcher toute vente de chaudière pas assez performante ou trop polluante", explique-t-il auprès de Batiactu Eric Trendel.

 

Toute une technologie va disparaître

 

Cette évolution devrait toucher en priorité certaines chaudières à bois-bûche, qui constituent la moitié du marché actuellement. "C'est toute une technologie qui va disparaître", détaille Eric Trendel. "Il s'agit de la technique dite 'à tirage naturel', qui s'effacera au profit du tirage forcé." Cette dernière méthode a l'avantage de dégager nettement moins de gaz polluants. "La classe Flamme verte cinq étoiles devrait devenir le minimum vendable", précise Eric Trendel, qui voit cette évolution comme une bonne chose.

 

 

Les aides pour ce type d'équipements sont le crédit d'impôt pour la transition énergétique, mais aussi le coup de pouce chauffage aux CEE, l'éco-PTZ ou encore le fond air-bois. "Nous sentons l'effet du coup de pouce, sur les chaudières à granulé de bois, non sur le bois-bûche", détaille Eric Trendel. Les chaudières à granulé ont l'avantage d'être plus simple à utiliser et nécessitent moins d'intervention - alors même que les deux types d'équipements peuvent être labellisés Flamme verte sept étoiles.

 

Baisse des ventes en bois-bûche

 

"Au premier trimestre 2019, nous sommes à peu près à -10% de ventes de bois-bûche - une tendance qui court depuis plusieurs années", nous informe également Eric Trendel. "Mais le bois granulé bondit, lui, de +50%."

 

La filière se retrouve quoi qu'il en soit confrontée à un souci : le remplacement du parc de vieilles chaudières bois. "Rien n'est fait pour le renouveler, si ce n'est le CITE", regrette Eric Trendel, pour qui il s'agirait de lancer une opération d'éradication dans le même genre que celle lancée par les chaudières au fioul. "Nous avons pensé au fioul, au gaz, au charbon, mais on a oublié le bois", résume Eric Trendel. Autre point de progrès : le manque d'installateurs qualifiés Qualibois. "Nous avons besoin d'eux pour poser les chaudières !"

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