GRAND PARIS. Ce vendredi 10 mai 2019, le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot a présenté au Gouvernement deux scenarii envisageables pour la réalisation du Charles-de-Gaulle Express, cette liaison qui doit relier la gare de l'Est au terminal 2 de l'aéroport de Roissy. Mais dans les deux cas, les usagers du RER B doivent s'attendre à des perturbations. Détails.

Le Charles-de-Gaulle Express (CDG) va-t-il enfin pouvoir passer à la vitesse supérieure ? C'est ce qu'espèrent l'Etat mais également le préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, qui a présenté au Gouvernement le vendredi 10 mai 2019 deux scenarii envisageables pour la construction de cette ligne ferroviaire qui doit relier la gare de l'Est au terminal 2 de l'aéroport de Roissy en une vingtaine de minutes. Le projet, qui suscite déjà de nombreuses oppositions parmi les élus franciliens, impactera inéluctablement le trafic du RER B et autres trains de banlieue, d'autant qu'une quinzaine d'autres chantiers sont programmés dans ce secteur de l'agglomération parisienne. Mais d'autres facteurs doivent être pris en compte, à l'instar du calendrier - avec l'approche des Jeux Olympiques de 2024 - et de la facture finale - estimée à 2,1 milliards d'euros, financés par la Caisse des dépôts et consignations, Aéroports de Paris (ADP) et SNCF Réseau, l'Etat ayant aussi débloqué un prêt pour l'occasion.

 

Respecter le calendrier mais perturber grandement le trafic, ou étaler les chantiers mais alourdir la facture

 

D'où de nombreuses pressions pesant sur les deux scenarii présentés par Michel Cadot, qui sont "techniquement réalisables, permettant de réaliser les travaux dans des conditions acceptables pour les usagers", selon des propos du préfet rapportés par l'AFP. Dans le premier cas de figure, la mise en service du CDG Express se ferait en mai 2024, donc en temps et en heure pour les JO, mais impliquerait une fermeture totale du RER B pendant 3 semaines durant l'été 2023, ainsi que de nombreuses fermetures anticipées de la ligne à 23h. Des perturbations qui pourraient durer jusqu'à la fin 2025, sachant que SNCF Réseau "n'aurait pas de marge" de manœuvre dans ce scénario.

 

Le seconde possibilité serait de livrer le CDG Express en décembre 2025, soit bien après les JO, en optant pour l'étalement des chantiers. Dans cette situation, le RER B serait surtout affecté par des coupures les weekends entre 2021 et 2023. Mais sur le plan financier, les conséquences seraient plus dommageables : d'après le rapport du préfet, le surcoût serait "important", ce qui obligerait l'Etat à augmenter son prêt au concessionnaire du projet "et aurait un impact plus marqué sur le tarif de la taxe pour les voyageurs aériens", qui constitue une autre source de financement pour la ligne.

 

Au Premier ministre de trancher

 

Les réactions à ces deux scenarii ont divisé encore un peu plus les acteurs du projet : alors que le groupe ADP, la Délégation interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympiques et la société de projet CDG Express ont validé la première hypothèse, les régions Ile-de-France et Hauts-de-France, le gestionnaire Ile-de-France Mobilités, les départements de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne ainsi que la Ville de Paris, ont donné leur aval au deuxième projet. Quant au Gouvernement, la réponse est plus subtile : la ministre des Transports Elisabeth Borne a indiqué à plusieurs reprises qu'elle préférait retarder la mise en service de la ligne si les perturbations du chantier s'avéraient trop importantes pour les usagers des lignes de banlieue. C'est maintenant au tour du Premier ministre Edouard Philippe de trancher.

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