Le groupe de BTP Vinci,accusé de travail forcé sur les chantiers au Qatar, qui avait assigné en référé l'association Sherpa, a échoué ce mardi 30 juin pour obtenir la condamnation de l'ONG pour atteinte à la présomption d'innocence. Précisions.

Nouveau rebondissement dans l'affaire des chantiers au Qatar. Alors que l'association Sherpa avait déposé plainte, en mars dernier, contre Vinci Construction Grands Projets pour "travail forcé" et "réduction en servitude" dans le cadre des chantiers liés à l'organisation du Mondial 2022 de football, au Qatar, le groupe de BTP Vinci a échoué mardi 30 juin à obtenir la condamnation de l'ONG pour atteinte à la présomption d'innocence.

Vers une saisie du juge du fond

Le tribunal de grande instance de Paris a en effet estimé qu'il n'appartenait pas au juge des référés (Ndlr : juge d'urgence) de trancher. "Vinci va saisir le juge du fond", a déclaré à l'AFP l'avocat du groupe, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. Une procédure qui devrait prendre plusieurs mois. Cette décision contre Vinci a étonné l'avocate de Sherpa, Me Léa Forestier, qui a salué dans l'ordonnance rendue la "première victoire de David contre Goliath".

 

Pour rappel, le parquet de Nanterre avait ouvert une enquête préliminaire après la plainte de Sherpa contre Vinci et sa filiale qatarie QDVC, déposée fin mars. Plusieurs auditions seront menées en France, avait expliqué la procureure des Hauts-de-Seine, Catherine Denis, samedi 25 avril, dans l'optique de "vérifier les allégations" de l'association Sherpa, qui accuse notamment Vinci Construction Grands Projets (VCGP) de recourir au travail forcé de travailleurs migrants sur ses chantiers au Qatar. Les sites visés concernent notamment le projet de tramway de Lusail, du métro de Doha et celui du tronçon d'autoroute de 47 km, la New orbital Highway.

Poursuites en diffamation

Le groupe Vinci a par ailleurs engagé des poursuites en diffamation contre le président de Sherpa, William Bourdon, devant le tribunal correctionnel de Paris. A Nanterre, le groupe de BTP a également déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse tandis que le directeur de la communication en a quant à lui déposé une autre après avoir reçu plus de 3.300 mails lui demandant d'abandonner les poursuites contre Sherpa.

 

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