FORMATION PROFESSIONNELLE. Bien qu'elles seront présentes jusqu'au 16 septembre pour soutenir les compétiteurs de la finale nationale des WorldSkills à Lyon, les Chambres de métiers et de l'artisanat n'ont pas participé ni à l'inauguration de l'évènement ni à la déambulation des ministres. Le réseau reste furieux après la baisse du niveau de prise en charge des contrats d'apprentissage.

La pilule ne passe décidément pas. Alors que la finale nationale des WorldSkills se tient jusqu'au 16 septembre à Lyon, les Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA France) ont été absentes de la cérémonie d'inauguration de l'évènement. Elles n'ont pas davantage participé à la déambulation programmée avec les ministres présents. La raison de leur colère : la baisse de 5% des fameux "coûts-contrats", c'est-à-dire les niveaux de prise en charge (NPEC) des formations en apprentissage.

 

 

La décision, entérinée par le Gouvernement par le biais d'un décret daté du 7 septembre dernier, a provoqué l'ire du réseau consulaire. Ce dernier sera donc bien présent durant les trois jours d'épreuves de cette 47e édition des Olympiades des métiers, afin de soutenir les organisateurs comme les compétiteurs, mais sa participation s'arrêtera là.

 

"Tout le monde salue l'excellence et c'est bien naturel, mais cela a un coût !", lance Joël Fourny, président de CMA France. "Une médaille, c'est certes de la passion mais c'est aussi des centaines d'heures de travail et un investissement important : matières premières, mise à disposition de personnels, de plateaux techniques... Nous ne cesserons de le répéter : le coût de la formation ne doit pas être considéré comme une dépense mais bien comme un investissement pour l'avenir de nos jeunes et de nos métiers !"

 

Malaise

 

Si elle est surtout symbolique, l'attitude du réseau traduit malgré tout un malaise certain dans les secteurs de l'artisanat et de la formation professionnelle autour de cette délicate question des coûts-contrats. Une question à la fois économique, technique et politique : CMA France a émis une "alerte rouge" sur le sujet fin août, quelques jours avant que l'Inspection générale des Finances (IGF) et l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) ne publient un rapport sur le même sujet, en pointant du doigt des surcoûts et en mettant les branches professionnelles face à leurs responsabilités.

 

Le sujet reste donc sensible. Du côté des Chambres de l'artisanat, on fustige la baisse des NPEC et l'objectif affiché en même temps par le Gouvernement, à savoir atteindre un million d'apprentis en surfant sur la dynamique amorcée par la réforme de 2018. "L'enjeu est immense pour notre pays car nous sommes face à un risque majeur pour l'avenir de nos métiers : sans apprentissage, il n'y a pas d'artisanat", insiste Joël Fourny, qui attend de l'exécutif une "solution". Son homologue à la tête de la CMA Auvergne-Rhône-Alpes, Vincent Gaud, complète : "À l'heure du 'Fabriqué en France', des contraintes écologiques et des besoins croissants de la population locale, souhaitons-nous aller vers des déserts artisanaux faute de jeunes formés pour prendre la relève ?"

 

 

De nombreux ministres attendus

 

Les représentants de l'artisanat comptent bien faire passer leur message aux membres du Gouvernement qui se rendront aux WorldSkills. Et ils seront apparemment nombreux : d'après nos confrères d'Actu Lyon, Carole Grandjean, ministre de l'Enseignement et de la Formation professionnels ; Olivier Dussopt, ministre du Travail ; Sylvie Retailleau, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ; Clément Beaune, ministre des Transports ; Roland Lescure, ministre de l'Industrie ; et enfin Gabriel Attal, ministre de l'Éducation nationale, devraient en théorie se rendre à Lyon. Habituée à accueillir les Olympiades des métiers, la Capitale des Gaules sera également, l'an prochain, l'hôte de la finale mondiale des WorldSkills.

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