Le Fonds monétaire international (FMI) a lancé une mise en garde contre les risques induits par la persistance du boom immobilier en Espagne.

Il aurait provoqué un endettement des familles à "un rythme accéléré", selon un rapport présenté mardi à Madrid par le ministère de l'Economie. Le rapport prédit une chute des prix et un relèvement des taux d'intérêts si l'endettement se poursuit au rythme actuel.

Il n'exclut pas un "ajustement graduel" des prix du logement, tout comme le ministre espagnol de l'économie, qui parie sur une "correction modérée des prix".

Les prix des logements neufs ont bondi de 78% en Espagne entre 1997 et 2002 notamment en raison d'une chute des taux d'intérêt, selon la Banque d'Espagne. De janvier à septembre, ils ont progressé de 17% par rapport à la même période de l'an dernier, a indiqué mardi une étude d'un cabinet espagnol spécialisé dans les estimations d'actifs immobiliers, Tinsa.

Dans son rapport, le FMI insiste sur la nécessité d'améliorer le fonctionnement du marché du logement en Espagne et estime que le marché locatif ne se développera pas substantiellement en raison des bonifications fiscales dont bénéficie l'acquisition de logements.

Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pedro Solbes, a estimé que le "modèle de croissance" de l'Espagne, reposant sur une forte consommation des ménages et un boom immobilier, "présentait des risques".

"Ce modèle de croissance présente des risques et l'envers de la médaille se verra le jour où il y a aura un changement de politique monétaire", a-t-il dit dans un entretien publié samedi par le quotidien économique madrilène La Gaceta. "Logiquement, une augmentation des taux d'intérêt aurait un impact important en raison du niveau d'endettement" élevé des Espagnols, avait-il averti.

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