L'année 2012 ne connaîtra pas une fin heureuse, à l'instar de ce qui s'est produit l'an dernier lorsque le secteur de la construction a enregistré un pic d'activité au dernier trimestre 2011, avant que n'intervienne la mise en place des plans de rigueur annonçant la suppression du PTZ+ dans l'ancien, le coup de rabot des CIDD et autres Scellier, ou encore la hausse à 7% du taux de TVA sur les travaux de rénovation.

 

2012 se profile donc en demi-teinte - avec, globalement, une stabilité des rentabilités des entreprises, voire une régression parfois, ou un ralentissement des embauches observé - tandis que les dirigeants interrogés pour la 19e édition de l'étude "Tendances et perspectives du bâtiment" du cabinet KPMG, ont pour les deux-tiers anticipé une stabilité ou une augmentation de leur chiffre d'affaires pour fin 2012, soit un recul de 4 points par rapport à l'an passé. En revanche, 35% d'entre eux prévoient une amélioration de leur résultat net (contre 34% en 2011) et 28% anticipent une baisse (contre 22% en 2011). Côté délais de paiement, 38% des dirigeants du BTP estiment que l'évolution a été négative cette année, contre 25% en 2011 et 47% en 2010.

 

Les enjeux pour 2013
Au regard de ce bilan, l'année 2013 donnera donc la priorité aux carnets de commandes et à la rentabilité des chantiers. En effet, le premier enjeu reste la démarche commerciale, pour 54% des dirigeants interrogés, contre 44% en 2011 : il s'agira donc de trouver de nouveaux marchés, fidéliser la clientèle, se développer sur de nouveaux supports… La rentabilité des chantiers est la deuxième priorité des entrepreneurs du bâtiment (37%, en baisse de 5 points par rapport à 2011). Enfin, 21% d'entre eux jugent que le recouvrement des factures est une urgence également. Et Annie Chauzu, associée KPMG et responsable du réseau Entrepreneurs du bâtiment, de préciser : "Une bonne gestion des chantiers passe par une planification des heures, une gestion rigoureuse des matériaux, une réactivité permanente face aux incidents. Une technologie adaptée de chantiers améliorera le 'juste à temps' et donc le pilotage".

 

Entre autres préoccupations pour 2013, l'envol des prix des matières premières, dont 60% des dirigeants envisagent une hausse d'ici à septembre 2013. Parmi eux, 60% prévoient aussi de répercuter cette potentielle augmentation sur leurs devis (contre 74% en 2011).

 

Emplois : recul des embauches et recrudescence des accidents du travail
D'ici à septembre 2013, seules 18% des entreprises interrogées prévoient de recruter (contre 23% en 2011 et 28% en 2010). Parmi celles qui n'envisagent pas de le faire, 9 sur 10 maintiendront leurs effectifs, tandis que 11% souhaitent les réduire.

 

Toutefois, est soulevé le problème de la formation, avec une hausse des exigences de la part des employeurs : ainsi, 40% d'entre eux recruteraient un salarié qualifié d'un BAC Pro (contre 34% en 2011), 37% un profil BTS (stable), et 22% un profil CAP (contre 39% en 2011). Les diplômes d'écoles d'ingénieurs seront eux davantage sollicités qu'en 2011 (15% contre 10%).

 

Concernant les salariés en place, les employeurs doivent déplorer une augmentation des accidents du travail, notamment des maladies professionnelles et des TMS (troubles musculo-squelettiques). Ce phénomène est particulièrement visible dans le secteur du Gros-œuvre. "Une prévention des accidents du travail très importante ces dernières années a permis aux entreprises de réduire de façon conséquente le taux d'accidents de travail. En revanche, apparaît à ce jour une augmentation des maladies professionnelles et particulièrement les TMS. Il conviendra alors d'être encore plus vigilant, en envisageant de nouveaux plans de prévention adaptés", souligne Annie Chauzu.

 

actionclactionfp