REMANIEMENT. La député LREM Barbara Pompili succède à Elisabeth Borne à la tête d'un ministère de la transition écologique qui chapeautera à la fois les Transports et le Logement.

Ce n'est peut-être pas le marqueur fort que certains espéraient. Mais plutôt, comme Barbara Pompili l'a décrit elle-même lors de la passation de pouvoirs avec Elisabeth Borne [devenue ministre du Travail, NDLR], ce 7 juillet, "un symbole de la continuité pour l'Etat". En prenant la tête du ministère de la Transition écologique et solidaire, Barbara Pompili retrouve des couloirs qu'elle connaît bien, pour les avoir arpentés comme secrétaire d'Etat à la biodiversité sous François Hollande.

 

"L'écologie, c'est la vie", a-t-elle indiqué lors de son discours. "C'est ma vie, a-t-elle également insisté, et la source de mon engagement." Avant de rejoindre LREM en 2017, la députée de la Somme a longtemps œuvré dans les rangs d'Europe Ecologie-Les Verts. Depuis 2017, elle présidait la commission Développement durable de l'Assemblée nationale.

 

 

Evoquant les personnalités politiques avec lesquelles elle a "appris" et auxquelles elle s'est "opposée parfois" comme Yves Cochet, Nicolas Hulot, Noël Mamère, Ségolène Royal ou encore François de Rugy, elle n'a pas voulu développer immédiatement son programme d'actions pour les prochains mois. Il serait "par nature incomplet. A peine l'aurais-je prononcé que l'on me reprocherait d'avoir négligé telle ou telle urgence, telle ou telle priorité. Et je sais trop la place des procès d'intention dans les débats sur l'écologie", a-t-elle estimé.

 

Continuité

 

Son ambition est de faire en sorte que "l'écologie appartienne à tous, que chacun à son niveau s'en saisisse et construise les solutions adaptées à sa vie, à son territoire". S'inscrivant pleinement dans la continuité, elle a rappelé les actions menées "depuis trois ans", comme la programmation pluriannuelle de l'énergie, la loi sur l'économie circulaire.

 

Ou encore la loi d'orientation des mobilités - "combien d'heures avons-nous consacré à cette loi tant attendue car notre pays a tant tardé à adapter son cadre législatif ?" -, pour laquelle elle s'est engagée très tôt, puisqu'elle a fait partie du conseil d'orientation des infrastructures. "Ces avancées réalisées, les commentateurs les oublient souvent", a-t-elle regretté.

 

Un ministère au cœur des préoccupation du BTP


Barbara Pompili se retrouve par ailleurs à la tête d'un ministère qui chapeaute désormais non seulement les Transports, mais aussi le Logement qui était auparavant sous la bannière de la Cohésion des Territoires. Plus que jamais sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, le ministère de la Transition écologique est donc en première ligne concernant les préoccupations du secteur du BTP.

 

Transports et Logement seront pilotés par deux personnalités bien connues dans leur domaine respectifs par les acteurs du secteur, puisqu'il s'agit de Jean-Baptiste Djebbari d'une part, et d'Emmanuelle Wargon d'autre part. Déjà rattachés précédemment au ministère de la Transition écologique et assurant ainsi une continuité dans les dossiers qu'ils suivaient intégralement ou en partie, ils reçoivent par la même occasion une petite promotion en passant ministres délégués, et non plus secrétaires d'Etat.

 

Peser face à Bercy

 

Sa mission, au cours de ces prochains mois, sera de concrétiser les propositions retenues à la suite des travaux de la convention citoyenne sur le climat, a-t-elle expliqué. En tant que numéro 3 du gouvernement Castex, elle compte bien également faire de l'écologie "le moteur essentiel" du plan de relance de l'économie, qui doit être annoncé à la rentrée.

 

 

 

Mais saura-t-elle peser face aux contraintes budgétaires souvent imposés par Bercy, auxquelles Elisabeth Borne, aux Transports puis à la Transition écologique, a souvent dû se heurter ? Propulsée numéro 3 du Gouvernement, derrière Jean-Yves Le Drian ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Barbara Pompili occupe un ministère mieux positionné dans l'ordre protocolaire que celui de l'Economie, des Finances et de la Relance, piloté par Bruno Le Maire. Véritable priorité ou affichage, les prochains mois le diront. Elle a, dans tous les cas, assuré : "vous pouvez compter sur moi et sur ma contribution active".

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