JUSTICE. Le parquet a requis mercredi 10 mars le renvoi en correctionnelle des cinq personnes mises en examen, suite à l'effondrement d'un balcon en 2016 à Angers. Le drame avait causé la mort de quatre personnes.

Nouveau rebondissement dans l'affaire du balcon effondré à Angers. Le parquet a requis mercredi le renvoi en correctionnelle des cinq personnes mises en examen. Lors d'une soirée étudiante dans le centre d'Angers, le 15 octobre 2016, le balcon d'un immeuble s'est effondré, entraînant avec lui 18 jeunes. Parmi eux, quatre ont perdu la vie et quatorze ont été blessés. En octobre 2018, le responsable du cabinet d'architecture Rolland, maître d'œuvre dans la construction de cet immeuble en 1997, le chargé d'affaires de l'organisme de contrôle technique Apave, ainsi que le dirigeant de l'entreprise de maçonnerie et deux de ses salariés, un conducteur de travaux et un chef de chantier, avaient été mis en examen. Des chefs d'homicides involontaires et blessures involontaires ont été retenus.

 

Des erreurs techniques majeures

 

"Les victimes ont été mises hors de cause", balaie Eric Bouillard, le procureur de la République d'Angers, joint par Batiactu. "Le dossier, évalué par un certain nombre d'experts nommés par le tribunal administratif et par les juges d'instruction, montre des erreurs techniques majeures dans la construction du balcon. Des témoignages extérieurs nous ont indiqué qu'il s'agissait d'une crémaillère calme. Le balcon peut accueillir 35 personnes. Ils étaient 18 au moment des faits, c'est donc une charge acceptable."

 

Selon le procureur, de nombreuses erreurs ont été constatées. Le balcon a été carrelé mais cela n'ajoute pas une charge conséquente qui pourrait être retenue dans le dossier. "Les balcons ont été construits après les étages, c'est une méthode qui nécessite des plans bétons différents mais les ouvriers ont suivi un plan traditionnel. Cela a engendré des malfaçons. Aussi, l'espace entre les ferraillages coulés dans le béton n'a pas été respecté, ce qui a fait plier le balcon", indique le procureur.

 

Le syndic pointé du doigt

 

Les parties mises en causes préfèrent mettre en cause le syndic. "Nous avons demandé au juge d'instruction de mener des investigations complémentaires sur l'entretien et le suivi des balcons. Des fissures avaient été dénoncées par les locataires au syndic", rappelle Me Emmanuel Raynaud, avocat du responsable du cabinet d'architecture Rolland, auprès de Batiactu. "Nous trouvons les réquisitions du parquet surprenantes. Nous avons le sentiment que le procureur fait fi de cette nécessité de poursuivre l'enquête, c'est le signe que le dossier est à moitié traité." A l'appel formé par les mis en cause, qui réclament des actes complémentaires d'enquête sur la responsabilité du syndic, la chambre de l'instruction devra se prononcer le 19 mai prochain.

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