A l'heure des préoccupations écologiques, comment les artisans perçoivent les facteurs du développement durable dans leur pratique ? C'est à cette question que l'étude Batiobs, réalisée par Brands at Work et Cohésium a tenté de répondre.

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L'artisan est-il préoccupé par les questions environnementales lorsqu'il exerce son métier ? Afin d'en savoir plus, l'étude Batiaob, réalisée par l'agence Brands at Work et Cohésium, a interrogé 804 professionnels du Bâtiment.

 

Premier résultat étonnant : ils sont 59% à ne pas avoir répondu, s'estimant pas concernés par le sujet. "C'est un chiffre inhabituel", s'étonne Pierre Boumard de chez Brands At Work. Avant de poursuivre : "La thématique est clivante, segmentante". Pourtant, le bâtiment en France génère 42 millions de tonnes de déchets par an dont 11 millions pour le second œuvre. Et les dépôts sauvages ne sont pas rares : "Il y a des artisans qui jettent leurs déchets au bord des routes, d'autres sous-traitent cette partie, sans savoir ce qu'ils deviennent vraiment", glisse l'expert.

41% des artisans très impliqués dans les questions écologiques

En revanche, les 41% ayant répondu aux questionnaires sont très impliqués : "Il y a finalement deux camps et un fossé entre les artisans concernés par le développement durable et les artisans sceptiques et réfractaires ", analyse Pierre Boumard. Sur cette population, le développement durable signifie à 43% protéger la planète, 15% réaliser des économies d'énergie et 11% utiliser des produits optimisés et durables. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette frange d'artisans est réellement engagée puisque 76% déclarent que cela pas ou peu d'impact sur le développement de leur activité. Seul 16% estiment l'inverse. "Il y a peu d'impact commercial, et ces démarches vertueuses représentent un coût supplémentaire. C'est donc une démarche volontaire, coûteuse et peu demandée", note le spécialiste. Avant de poursuivre : "Ces artisans ont un côté super-héros puisqu'ils ne développent pas de business supplémentaire. Ils sont impliqués dans la vie collective".

Manque d'interlocuteurs et d'information

Sur ces artisans concernés, les démarches lancées s'organisent autour du recyclage (51%) et la gestion des déchets (50%). Quant à la notion globale de développement durable, elle est liée "en grande partie au recyclage (57%) qui reste un enjeu majeur de la filière BTP. Puis vient la gestion des déchets (45%), les économies d'énergie (32%) et la lutte contre la pollution (17%)". Enfin, côté interlocuteur, 33% des répondants estiment que personne ne leur parle de développement durable, 21% mettent en avant l'Etat, et 20% les fabricants. Il reste donc du travail en matière d'information et de formation.
Etude réalisée auprès de 804 artisans/TPE sur 6 corps de métiers au mois de décembre 2019

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