ACCEPTABILITÉ. Pour répondre au vent de contestation qui s'est mis à souffler sur les parcs éoliens terrestres, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a présenté 10 mesures "pour un développement maîtrisé et responsable" des aérogénérateurs. Celles-ci marquent un certain nombre d'engagements pour la filière.


C'est sur un ton résolument offensif que Barbara Pompili a déclaré ce matin devant la presse que "la seule solution" pour que la France respecte l'Accord de Paris était qu'elle substitue des énergies renouvelables aux énergies fossiles. Dans ses scénarios, le Réseau de transport d'électricité (RTE) table sur une explosion de 20% de la demande d'électricité dans l'Hexagone d'ici 15 ans du fait de la lutte contre les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et de l'électrification tous azimuts qu'elle implique. "Si nous ne faisons rien, nous aurons un terrible effet ciseau" a prévenu la ministre de la Transition écologique, en référence à une envolée de la demande que ne parviendra pas à réguler la production en baisse du parc tricolore.

 

À court terme, "la seule solution est de développer massivement les énergies renouvelables - il n'y a pas d'alternative" a insisté la locataire de l'hôtel de Roquelaure. Des propos qui s'inscrivent dans un début de campagne à l'élection présidentielle de 2022 qui voit se cristalliser des positions souvent jugées radicales chez les différents candidats, que ce soit du côté du nucléaire ou du côté des renouvelables.

 

Un tiers des dossiers de demande d'autorisation de nouveaux parcs ont été refusés en 18 mois

 

Ajoutant que sa responsabilité de ministre de l'écologie est "d'assurer l'approvisionnement énergétique" du pays, Barbara Pompili a réaffirmé la volonté du Gouvernement de "relocaliser" la production d'énergie en France, ce qui passe par le développement de "toutes les énergies renouvelables". Dont l'éolien, sujet de la conférence du jour : pour répondre au vent de contestation qui s'est mis à souffler sur les parcs éoliens terrestres (et maritimes dans une moindre mesure) depuis quelques temps, épinglant un essor souvent anarchique de ces engins, pouvoirs publics et représentants de la filière se sont concertés sur les moyens d'améliorer l'acceptabilité des aérogénérateurs dans les paysages de l'Hexagone. Représentant déjà 8% du bouquet énergétique actuel, l'éolien aurait en outre permis, d'après la ministre, d'économiser l'émission de 17 millions de tonnes de CO2 en 2020. Tout cela en devenant a fortiori "compétitive" sur les marchés des énergies.

 

"Opposer renouvelables et nucléaire n'a aucun sens ; nous avons besoin de toutes les énergies décarbonées", a affirmé Barbara Pompili. "L'éolien est aujourd'hui une énergie propre, fiable et accessible. Or, dans certains territoires, nos concitoyens ne veulent plus d'éoliennes. Je comprends qu'une transformation massive des paysages ait pu susciter de la colère : il y a eu des projets irresponsables", a reconnu la ministre. "Mais la France a aujourd'hui une des règlementations les plus strictes d'Europe sur le sujet. Les dérives passées ne peuvent plus se reproduire." Et de mettre en avant un chiffre : entre début 2020 et mi-2021, un tiers des dossiers de demande d'autorisation de nouveaux parcs ont été refusés par l'État (67 sur 206).
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