JUSTICE. L'ancien directeur général de LafargeHolcim, Eric Olsen, a obtenu la levée de sa mise en examen pour "financement d'une entreprise terroriste" par rapport au maintien de l'activité du groupe industriel en Syrie entre 2011 et 2015. Il reste toutefois mis en examen pour "mise en danger" de la vie des salariés sur place.

Une décision rare. Mis en examen en décembre 2017, Eric Olsen, ex-directeur général du cimentier Lafarge, a finalement obtenu la levée de cette accusation. Dans un communiqué, cité par l'AFP, l'intéressé déclare : "Cette décision lave mon honneur et va me permettre de reprendre le fil de ma carrière". L'homme d'affaires reste toutefois mis en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui". Entre 2011 et 2015, le groupe avait maintenu coûte que coûte l'activité de son usine de Jalabiyah, située dans une zone de guerre du nord de la Syrie et rénovée à grands frais en 2010.

 

Huit autres cadres et dirigeants de l'entreprise, dont le président directeur général de l'époque, Bruno Lafont, ont été mis en examen pour les mêmes raisons. Deux intermédiaires locaux, Amro Taleb et Firas Tlass, sont pour leur part visés par un mandat d'arrêt international. Le groupe lui-même, a été mis en examen au mois de juin 2018, également pour "financement d'une entreprise terroriste", ainsi que pour "complicité de crimes contre l'humanité", une première judiciaire. L'industriel a saisi la cour d'appel de Paris d'une requête en nullité, afin de contester cette mise en examen. L'enjeu de l'enquête sera de déterminer qui, dans l'organigramme de Lafarge, était au courant de versements d'un montant de près de 13 M€ à des groupes armés, dont l'organisation Etat Islamique et le Front al-Nosra, afin de laisser passer matériaux et travailleurs. Des agissements reconnus par LafargeHolcim et qualifiés depuis "d'erreurs de jugement significatives" et "inacceptables".

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