INFRASTRUCTURE. Le 20 janvier 2021, les acteurs des infrastructures de mobilité se sont réunis autour du ministre délégué aux Transports afin de renouveler les ambitions exprimées dès 2009, de les adapter et d'accélérer la mise en œuvre d'actions nécessaires aux nouveaux objectifs visés pour 2030.

Jean-Baptiste Djebbari le reconnaît, dans ses vœux adressés aux professionnels des infrastructures routières. "La transition du secteur a été amorcée : le taux de recyclage des chaussées, le développement des enrobés tièdes, les bétons dits verts, les solutions de captation de l'énergie par la route sont là pour le prouver." Cependant, "nous devons aller beaucoup plus loin" pour rendre la route plus multimodale, plus connectée, et plus écologique, estime-t-il.

 

Un point de vue auquel adhère Bernard Sala, président de Routes de France. Comme il l'indique dans les colonnes de Batiactu, sur le plan environnemental, "nous devons sans doute accélérer encore et faire encore mieux". Et alors qu'il souhaite "faire de 2021 l'année des routes et des rues", un nouvel outil devrait l'y aider : le pacte d'engagement des acteurs des infrastructures de la mobilité.

 

Ambition plus forte

 

Signé le 20 janvier 2021 à l'Hôtel de Roquelaure, ce pacte a fait l'objet d'un travail collaboratif mené par l'Institut des Routes, des Rues et des Infrastructures pour la mobilité, l'Idrrim qui a pris environ un an. Il prend la relève de la convention d'engagement volontaire de 2009, qui a déjà conduit à des avancées certaines, comme celles évoquées par le ministre délégué aux Transports. Parmi les premiers signataires : Routes de France, la FNTP, le Cerema, l'Assemblée des départements de France, Syntec Ingénierie, ou encore l'université Gustave-Eiffel, entre autres.

 

"Tout en s'appuyant sur les objectifs et les actions déjà déclinés dans la première convention, l'ambition est plus grande cette fois, détaille à Batiactu Bernard Sala. Il inclut les usages, fait écho à la convention citoyenne pour le climat. Il prend en compte les évolutions connues durant dix ans, autour de la digitalisation des chaussées, l'avènement de la recharge électrique, pour tourner davantage la route vers les usages et accélérer sur la partie environnementale."

 

Porter une vision commune

 

Le pacte entend "permettre de porter une vision commune de l'avenir des infrastructures de mobilité" et "apporter des réponses, concrètes et soutenables" pour répondre aux nouveaux enjeux. Ceux-ci s'articulent autour de trois axes.

 

Tout d'abord, il s'agit d'adapter les infrastructures pour mieux tenir compte de la transition écologique. Ce qui passera par le développement des routes bas carbone, une meilleure intégration dans l'environnement, ou par l'adaptation aux risques naturels et au changement climatique.

 

Couvrir les différentes transitions actuelles

 

Elles devront aussi s'inscrire dans la transition numérique, en développant des infrastructures génératrices de données, plus connectées, "pour transmettre en temps réel à l'usager des informations sur la congestion ou les places de stationnement disponibles" par exemple, comme le décrit Jean-Baptiste Djebbari. Il s'agit aussi d'accélérer la digitalisation des métiers, notamment par le développement plus soutenu du BIM dans le monde des infrastructures.

 

Enfin, les acteurs s'engagent à être plus en lien avec les citoyens, dans la conception et la gestion des infrastructures. Un point qui fait écho à la Convention citoyenne pour le climat et à une demande de participation de plus en plus forte. Pour cela, il faudra notamment se diriger vers des infrastructures adaptables, chercher à améliorer l'acceptabilité des infrastructures, les rendre plus sûres.

 

Promouvoir l'innovation à travers un nouvel événement

 

Le pacte d'engagement espère également favoriser les solutions innovantes et de nouvelles formes contractuelles. Et pour promouvoir l'innovation, le ministère des Transports et les fédérations professionnelles des infrastructures et des travaux publics compte "animer et coconstruire des ateliers de réflexion et des événements, afin de contribuer à dessiner l'avenir de ce secteur d'activité essentiel pour notre vie quotidienne", indique le ministère.

 

Cette démarche a été baptisée les Jami, pour Journées pour l'accélération et la modernisation des infrastructures. Le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari souhaite y "réunir largement tous les acteurs de terrain, pour écrire ensemble une nouvelle page de l'histoire des infrastructures de mobilités, répondant aux enjeux de transition écologique et favorisant les opportunités d'embauches pour répondre aux besoins soutenus dans les métiers des travaux publics".

 

Bernard Sala, président de Routes de France, a indiqué à Batiactu que l'événement pourrait se tenir en avril, si le contexte sanitaire le permet. Ce devrait être en tout cas au premier semestre.

 

Déclinaison territoriale nécessaire

 

Si le pacte fournit un cadre national, il a vocation à être décliné et adapté dans les territoires, en fonction de leurs objectifs et de leurs besoins. Une déclinaison "d'autant plus importante que l'efficacité des actions menées ne pourra s'évaluer qu'au regard de l'évolution des pratiques opérationnelles sur le terrain", note l'Idrrim. Une vingtaine de collectivités seraient déjà intéressées pour rejoindre la liste des signataires.

 

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari espère que cette "coopération" renouvelée après la convention de 2009 "soit plus forte et nous permette de redevenir optimistes pour l'avenir" et pour le secteur des infrastructures routières "si importants pour l'emploi". D'autant que la crise sanitaire a remis en avant le caractère essentiel "dans le quotidien des Français" des routes.

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