La Fédération professionnelle du secteur français des matériaux de construction (Unicem) a enregistré un recul global de 6,7 % de son activité en 2015. Malgré une quatrième année en baisse, ce nouveau repli laisse présager "un réveil" dans le secteur résidentiel et une orientation difficile dans celui des travaux publics.

La fédération professionnelle du secteur français des matériaux de construction (Unicem) a enregistré un nouveau repli de son exercice 2015 pour la quatrième année consécutive. "Après 2011, qui avait constitué un rebond technique grâce notamment à l'arrivée du dispositif Scellier, l'activité des matériaux de construction est repartie à la baisse jusqu'en 2015", a commenté Michel André, président de l'Unicem au cours d'un point presse ce jeudi 21 janvier 2016. En clair, l'activité globale a reculé de 6,7% sur les douze derniers mois de 2015 par rapport à l'année précédente, avec 7,9% pour la production de granulats et 6,0% pour le béton prêt à l'emploi (BPE).

 

Autres chiffres à retenir en 2015 : la production de granulats est restée à "un niveau d'activité extrêmement bas" (323 millions de tonnes), environ 15% inférieur à la moyenne de la période 1980-2015. Quant au BPE, avec 34,9 millions de m3 produits, il était à un niveau plus vu depuis 2003. "Et cette production reste 23 % plus basse que son plus haut niveau de 2007", observe également Michel André.

"Un redressement en toute fin d'année 2015"

Malgré tout, l'Unicem signale "un redressement en toute fin d'année 2015" avec une croissance globale de 0,8% pour le quatrième trimestre 2015. Effectivement, son président salue la légère augmentation de + 4,4 % de l'activité de granulats au cours de ces trois derniers mois (octobre-novembre-décembre), en apportant toutefois un bémol : "Cela ne veut pas forcément dire que notre secteur va repartir !"

Une conjoncture toujours mal orientée dans les travaux publics, faute de grands chantiers

 

Du côté des perspectives 2016, la fédération prévoit "une altitude bien basse" tablant sur une légère baisse de 1% de la production de granulats et une petite hausse de 1% pour le BPE. Elle se base particulièrement sur une conjoncture toujours mal orientée dans les travaux publics, fortement impactés par des contraintes financières des collectivités locales et par l'absence de relais pris par des grands chantiers 2016. "Et les fameux travaux du Grand Paris n'ont toujours pas démarré", déplore Michel André. Une commande publique qui pèse près de 60% du chiffre d'affaires pour l'Unicem...

 

En revanche, "le logement devrait repartir un peu, grâce notamment au nouveau PTZ (prêt à taux zéro) amélioré pour les nouveaux accédant et le dispositif Pinel pour les investisseurs", poursuit Michel André. Avant d'avertir : "Ce sera le seul moteur de croissance car le secteur du bureau et du tertiaire restent en recul !".

 

Les pouvoirs publics interpellés sur la commande publique

S'agissant de l'impact de l'activité sur l'effectif de ses 2.700 entreprises adhérentes, l'Unicem déplore "seulement" une baisse de 10 % au cours de la période 2008-2013, ajoute-t-elle. Interrogée également sur la baisse du prix du pétrole, la fédération a indiqué que ce facteur avait "peu d'impact pour le secteur, qui est essentiellement consommateur d'électricité, sauf pour sa partie transport."

 

Dans ce contexte, la fédération a renouvelé son appel aux pouvoirs publics à "utiliser la commande publique comme levier de croissance et d'emplois". Cette demande est doublée d'une invitation à "investir mieux", en introduisant des critères environnementaux dans les appels d'offres, pour aider les acteurs locaux. "Seulement 6% des appels d'offres publics prennent en compte des critères non financiers", a relevé le président de l'Unicem.

Pour un label RSE

Enfin? la fédération, se réjouit des "avancées portées par le projet de décret transposant la directive européenne marché public", prévoyant notamment que "les acheteurs publics puissent exiger des labels permettant de prouver les caractéristiques environnementales ou sociales des travaux, services ou fournitures faisant l'objet du marché."

 

Ce qu'appelle l'Unicem de ses vœux est la relance d'un label RSE, dans le prolongement de sa Charte environnement (2004) et de sa stratégie développement durable (2012). "On y travaille, en collaboration avec ses syndicats-adhérents, à la préfiguration d'un label RSE. Il viendrait couronner une démarche aboutie tout en présentant les garanties indispensables à sa reconnaissance par l'Etat (association des parties prenantes à son élaboration, validation par un tiers externe, attribution par un organisme indépendant)", a conclu Michel André, plus optimiste sur ce sujet.

 


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