Après 25 mois de travaux, l'étape de gros-œuvre du futur Palais de Justice de Paris vient de s'achever dans la ZAC Clichy-Batignolles. Pour réaliser cette structure atypique de la tour de 160 mètres imaginée par l'architecte Renzo Piano, les équipes de Bouygues-Bâtiment-Ile-de-France ont opté pour la technique du coffrage glissant. Précisions.

Après la tempête juridique liée à un long contentieux et huit mois d'interruption, le chantier hors-normes du futur Palais de Justice de Paris démarré à l'été 2014 bat toujours son plein à l'issue de l'étape du gros-œuvre achevée ces jours-ci. Rappelons que la première pierre de la cité judiciaire imaginée dans la ZAC Clichy-Batignolles (17ème arrondissement de Paris) par l'architecte italien Renzo Piano, prix Pritzker 1988, a été officiellement posée le 6 mai 2015. Culminant à 160 mètres, cet édifice sera le plus haut de la capitale après la tour Montparnasse (210 m) construite il y a 41 ans.

 

La phase du gros-oeuvre démarrée au premier semestre 2015

 

"Comme convenu, les équipes de Bouygues Bâtiment Ile-de-France au sein de la société de projet Arélia ont finalisé la phase du gros-oeuvre démarrée au premier semestre 2015, indique Bouygues Bâtiment-Ile-de-France dans un communiqué. Elle a mobilisé ainsi 270 chefs et compagnons de l'entreprise, nécessité le coulage de près de 100.000 m3 de béton, le montage de 2.500 tonnes de charpente métallique et enfin l'utilisation simultanée de douze grues sur le chantier."

 

"Les planchers ont progressé à la vitesse d'un étage tous les 5 jours"

 

Pour concevoir cette structure atypique, qui présente des structures en forme de "taille de guêpe" aux niveaux 9, 19 et 29, Bouygues Bâtiment Ile-de-France a opté pour la technique du coffrage glissant lui permettant de réaliser les noyaux de l'immeuble à la cadence d'un étage tous les deux jours grâce à un coulage du béton en continu (Cf Encadré). "Les planchers, quant à eux, ont progressé à la vitesse d'un étage tous les 5 jours", signale le constructeur dans le même communiqué.

 

Désormais, les efforts des compagnons de Bouygues-Bâtiment Ile-de-France se portent à l'heure actuelle dans la façade, l'aménagement des terrasses aux niveaux 19 et 29, et la poursuite des corps d'état techniques et architecturaux.

 

Au final, ce nouveau TGI trônera au centre d'une "cité judiciaire" qui comprendra également, sur 30.000 m², les nouveaux locaux de la police judiciaire, transférée du 36, quai des Orfèvres, et la maison de l'ordre des avocats (MODA) de 6.000 m². La livraison de cet immense gratte-ciel aux 38 étages prévue initialement en novembre 2016 a été reportée à juin 2017. Et le déménagement du TGI est programmé pour l'automne 2017.

 


Construction en phase de gros-oeuvre du futur TGI de Paris
Construction en phase de gros-oeuvre du futur TGI de Paris © Laurent Blossier
L'utilisation de la technique du coffrage glissant : adaptation et vitesse
Pour l'exécution à "grande vitesse" du chantier du futur TGI de Paris, Bouygues Bâtiment Ile-de-France a fait appel à EQIOM Bétons pour son intervention sur l'utilisation de coffrages glissants, sur deux des trois noyaux que compte l'immeuble de grande hauteur. Du fait de la géométrie particulière du bâtiment - 3 noyaux de hauteur différente à construire côte à côte, Bouygues Construction a fait le choix du coffrage glissant pour les deux plus hauts noyaux, le troisième, plus petit, a été réalisé avec des coffrages classiques.

 

Cette technique du coffrage glissant est surtout efficace pour ériger rapidement des verticaux. "Elle a été préférée à celle du coffrage auto-grimpant pour mieux s'adapter à la géométrie en taille de guêpe des noyaux à certains niveaux", nous avait indiqué en mai 2015, au cours d'une visite sur le chantier, Hugues Ferré, chef de service adjoint chez Bouygues Bâtiment Île-de-France.

 

"Créer 20 cm de noyau par heure en pleine cadence"

 

Ensuite, l'entreprise EQIOM Bétons, signale dans un communiqué, qu'elle a assuré la coordination au quotidien avec le chantier et la centrale à bétons de Batignolles afin d'assurer les volumes de 300 à 400m³ par jour et des cadences régulières de coulage, le réglage de la consistance du béton en fonction des conditions de chantier et climatiques dans les limites imposées par la norme NF EN 206/CN et le cahier des charges du client. Avant de conclure que "cette technique a permis de créer 20 cm de noyau par heure en pleine cadence soit un étage tous les deux jours."
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