L'assemblage de l'enceinte de confinement de Tchernobyl qui doit venir coiffer le sarcophage de béton, construit dans l'urgence en 1986, se poursuit sous la houlette des groupes de BTP Bouygues et Vinci. L'édifice mobile, hors normes, sera poussé en place à la fin de l'année puis rendu hermétique en 2017 pour que les travaux de démantèlement de l'unité 4 puissent avoir lieu en toute sécurité.

26 avril 1986 : le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explose et répand un panache radioactif sur toute l'Europe. Les autorités soviétiques construisent, en six mois, un sarcophage de béton sur l'unité éventrée, afin de contenir les radiations et les débris hautement contaminés. Mais la structure subit les assauts des rayonnements et des éléments extérieurs et elle doit, à son tour, être protégée, afin que le démantèlement de l'usine accidentée puisse se faire dans des conditions optimales de sécurité.

 

Deux groupes français de la construction aux commandes

 

Deux groupes français, Vinci Construction Grands Projets et Bouygues Travaux Publics, réunis pour l'occasion dans une co-entreprise nommée Novarka, ont été choisis pour réaliser cette nouvelle enceinte de confinement. Elle prend la forme d'une arche métallique gigantesque qui pèse 25.000 tonnes à vide, dépasse les 100 mètres de hauteur et les 250 mètres de portée : de quoi contenir la Statue de la Liberté qui serait posée au milieu du stade de France ! Fondée sur deux longrines en béton, cette arche est assemblée depuis le mois d'avril 2012 à quelques centaines de mètres à l'ouest de la centrale de Tchernobyl, sur un site préalablement nettoyé, assaini et terrassé. Cette zone a été choisie pour minimiser l'exposition aux radiations. Terminée en 2015, la structure métallique est aujourd'hui en cours d'équipement. Elle doit recevoir d'importants équipements électromécaniques comme des ponts roulants PaR System de forte capacité (2 x 750 tonnes), qui sont destinés au démantèlement du sarcophage et du bloc réacteur qui contient encore 190 tonnes de combustible nucléaire.

 

Prochaine étape : la réalisation des finitions et de tests avant que l'arche ne soit glissée, sur 300 mètres, à l'aide de puissants vérins jusqu'à sa position finale, à la verticale de l'unité 4. Là, les murs tympans seront connectés aux structures existantes afin d'isoler totalement la zone de travail. A la fin de 2017, une membrane rendra l'enceinte hermétique et les équipes procèderont à des tests de mise en route et de réception des équipements. La déconstruction du site accidenté pourra alors être entreprise "dans des conditions maximales de flexibilité et de sécurité, tout en limitant au maximum les interventions humaines", grâce des systèmes télé-opérés. Le chantier de confinement, financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement au travers du Chernobyl Shelter Fund, représentera environ 1,5 Mrd € apporté par l'Union européenne et 23 pays.

 

L'Arche de confinement en quelques chiffres :
Arche Tchernobyl
Arche Tchernobyl © Novarka

257 mètres de portée
162 mètres de longueur couverte
108 mètres de hauteur
86.000 m² de bardage extérieur
20.000 m3 de béton de fondations
25.000 tonnes de charpente + 11.000 tonnes d'équipements
100 ans de durée de vie prévue
-43 °C à +45 °C d'amplitude thermique
Résistance à des tornades de classe 3 et à des secousses sismiques de magnitude 6 (échelle de Mercalli)
1.220 ouvriers ukrainiens présents sur site simultanément + 220 travailleurs expatriés
5 millions d'heures d'ingénierie
17 millions d'heures de travail
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