INNOVATION. Yhnova, c'est le nom choisi pour un démonstrateur à Nantes. Depuis ce 11 septembre, une maison de 95m² est en cours de construction grâce à une impression 3D. Bruno Lineatte, directeur R&D de Bouygues Construction nous explique ce projet.

C'est un projet d'envergure mobilisant de nombreux acteurs de la construction, du logement et de la recherche qui est en train de voir le jour à Nantes. A l'occasion de la Nantes digital Week, un consortium composé de 10 partenaires va dévoiler non seulement son démonstrateur baptisé Yhnova mais va surtout le construire en seulement quelques jours devant du public.

 

Depuis ce 11 septembre, une imprimante 3D est en effet à l'œuvre pour réaliser la première maison imprimée en 3D grâce à une technologie de pointe développée par des chercheurs nantais de l'Université de Nantes, du CNRS, de l'Ecole Centrale, de l'Inria et de l'IMT Atlantique, baptisée Batiprint3D et brevetée par l'Université de Nantes. Cette réalisation, portée par Nantes Habitat Métropole et de nombreux partenaires, sera donc le résultat de leurs savoir-faire et de leurs expertises pour rendre possible la construction d'une maison de logement social expérimentale.

 

Cette maison de 95 m², imaginée par le cabinet d'architecture TICA, comprendra 5 pièces et sera construite en seulement une semaine. "C'est une aventure originale", nous a confié Bruno Lineatte, directeur R&D modes constructifs bâtiment chez Bouygues construction, car l'agence d'architecte a choisi de concevoir des formes architecturales complexes avec par exemple des murs arrondis. Mais aussi parce que le robot s'activera pour monter les parois en seulement quelques jours.

 

Un procédé de construction collectif

 

A l'origine de cette "aventure", il y a l'Université de Nantes, avec laquelle Bouygues construction entretien une relation étroite sur les questions de robotique, et la métropole de Nantes. Lorsque ce projet d'Yhnova est né, la collaboration entre ces différents acteurs s'est imposée d'elle-même. Bruno Lineatte rappelle aussi que depuis 3 ans, le groupe de BTP soutient une thèse sur l'impression 3D. C'est donc tout naturellement que Bouygues Construction a rejoint le consortium du projet afin d'apporter son expérience de constructeur. "Avec Benoît Furet, professeur à l'Université de Nantes, et l'ensemble des partenaires, nous avons partagé du temps pour travailler sur la mise au point du procédé de construction 3D", poursuit-il.

 


 

Cette semaine, le robot va donc réaliser les murs périphériques de cette maison en forme de Y. Concrètement, la première étape consiste à imprimer les parois. L'une des têtes d'impression du robot va monter deux parois parallèles à base de mousse de polyuréthane sur une hauteur de 20 centimètres, qui sèchent en seulement 5 secondes. Puis, une seconde tête d'impression, telle une pompe à béton, prend le relais et déverse le béton dans le coffrage. "Etant inséré dans le coffrage, le béton n'a pas la même propriété qu'habituellement et est plus facile à formuler", précise Bruno Lineatte. Le coffrage, composé de deux parois en polyuréthane, offre donc une isolation performance avec une isolation à la fois intérieure et extérieure, souligne Bruno Lineatte. Pour cette réalisation, un ATEX a d'ailleurs été déposé en début de semaine, nous a confié le dirigeant de Bouygues. Le travail du robot s'arrêtera là. Un enduit recouvrira les façades et une demi-cloison de plaques de plâtre sera posée en intérieur. Quant à la toiture, elle sera légère avec poutre en bois et isolant classique.
Maison impression 3D
Procédé Batiprint 3D pour la réalisation d'un pavillon de 95m² pour Nantes Métropole Habitat © Université de Nantes

 


 

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