CHANTIER

L’opéra royal du château de Versailles se refait une beauté (diaporama)

A Versailles, l’opéra royal constitue une partie du musée historique du château. Mais ce lieu de spectacles mythique, encore en activité récemment, a dû subir une remise aux normes rigoureuse en matière de sécurité incendie. Après un an de travaux, il rouvrira ses portes le 21 septembre. Visite de chantier.



Encore utilisé en tant que lieu de spectacle il y a peu de temps, cet opéra qui est un théâtre de cour, a été à l’époque construit tout en bois, et présentait une forte vulnérabilité au feu, entrainant donc des obligations et des contraintes techniques très rigoureuses en matière de sécurité incendie.

La mise en sécurité de cet édifice, qui constitue un des éléments remarquables du domaine de Versailles de par ses agencements architecturaux, décoratifs, techniques et scéniques, et qui a été inauguré en 1770 à l’occasion du mariage du Dauphin avec l’Archiduchesse Marie-Antoinette, figure parmi les interventions prioritaires du schéma directeur de rénovation du château de Versailles.
Ces travaux ont donc consisté, entre autres, à déplacer les locaux techniques qui se trouvaient sous l’opéra, et à mettre l’ensemble de la distribution électrique en conformité…

Un opéra de 600 places
L’opéra présente, côté salle, un plan ovoïde, avec trois rangs de balcons. «Sur cette partie les lustres seront réhabilités avec des cristaux datant de 1950, voir même fin du 19ème pour le plus imposant qui trône au beau milieu de l’opéra. Et un nettoyage complet des décors et façade sera également réalisé», explique une représentante de chez Tisserant Art et Style, qui s’occupe de toute la partie de la lustrerie.

Mais c’est côté scène, que «le plus gros des travaux a été réalisé», commente Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments Historiques, avec la présence de 5 niveaux en sous-sol. «Son excellente conservation, ainsi que celles des machineries, ont présenté un intérêt patrimonial exceptionnel», poursuit-il.

Ainsi les travaux programmés se décomposent en 3 opérations : mise en sécurité de l’opéra, et relogement des services techniques de l’opéra dans l’aile du nord. Par ailleurs, des travaux de scénographie sont prévus, qui seront intégrés à la salle, «supprimant ainsi l’usage du rideau de fer et du mur en béton présents dans les dessous de scène», ajoute Frédéric Didier. «Ces dispositions permettent, au-delà de la nécessaire mise en sécurité, d’envisager le retour complet de l’opéra dans son état Ancien Régime».

16 millions d’euros de travaux
De nombreuses études ont permis de rendre compatibles les dispositions architecturales et techniques nécessaires à la mise en sécurité de l’opéra royal, dans le respect du caractère historique des lieux. «Car ces travaux d'un montant de 16 millions d'euros, doivent être réalisés dans le respect absolu du site», rappelle Frédéric Didier.

Le chantier d’un an a porté sur de nombreux éléments tels que le déplacement des locaux techniques primaires, «aujourd’hui implantés, en sous-sol d’une cour intérieure du château», à l’extérieur du bâtiment, y compris la galerie de liaison et les équipements techniques correspondants. De nombreuses démolitions doivent encore avoir auront lieu, telles que celles des locaux techniques existants, et les dessous de scène qui comprennent les anciennes loges et ateliers. De plus, la reprise et la mise en conformité de l’ensemble de la distribution électrique seront aussi des points cruciaux lors de ces travaux.

L’amélioration de la sécurité du monte-décors, la création d’une tourelle incendie, l’accessibilité des handicapés, le décloisonnement et la restitution des 2 escaliers à claire-voie… font également partie des travaux entrepris durant cette année.

La reprise de la séparation coupe-feu dans les dessous de scène, qui comprend, entre autres, la démolition du mur coupe feu en béton, la restitution des deux premiers plans du dessous de scène… ainsi que la création d’un espace salle-scène intégré par la suppression du rideau de fer permettront «de revenir sur des dispositions architecturales malheureuses réalisées en 1957, qui outre des conséquences négatives sur le fonctionnement scénique de l’opéra, avaient conduit à altérer les dessous de la scène et sa machinerie datant de la construction de l’opéra», intervient Jean-Paul Gousset, directeur technique de l’opéra royal.

Relogement des services de l’opéra
De plus, cette opération comporte le réaménagement d’environ 800 m² de locaux immédiatement contigus à la cage scène de l’opéra, dans l’aile nord, afin de reloger les loges, ateliers, magasins et services administratifs de l’opéra, que les importantes démolitions entreprises dans les dessous de scène pour la mise en sécurité (externalisation de la cage de scène de tous les locaux à risque) ont rendu nécessaire.


Les différents intervenants

Maître d’ouvrage :
Etablissement public du musée et du domaine national de Versailles (EPV)
Maître d’ouvrage délégué :
Etablissement public de maîtrise d’ouvrage des travaux culturels (ÉMOC)
Maîtrise d’œuvre :
Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques
Yves Le Douarin, vérificateur des monuments historiques
Khephren Ingénierie, BET structure
ALTO Ingénierie, BET électricité – protection incendie
Maîtrise d’œuvre scénographie :
Claude Perset, architecte scénographe
Contrôle technique : SOCOTEC
Sécurité, santé sur le chantier : Norisko
Coordonnateur général SSI : PCA
Désamiantage : Isotec entreprise
Gros œuvre, génie civil : Lefèvre
Gros œuvre, maçonnerie, pierre de taille : Lanfry
Charpente bois : Les métiers du bois
Menuiserie, vitrerie : Aubert-Labansat
Peinture : Duval et Mauler
Electricité : Satelec






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