L'énergéticien Engie, associé à plusieurs partenaires (EDP Renewables, Caisse des Dépôts et Eiffage Métal), a déposé un dossier répondant à l'appel à projets "Fermes pilotes éoliennes flottantes" lancé par l'Ademe. Le parc comprendra entre trois et six machines de 6 MW minimum.

Un consortium regroupant le géant de l'énergie Engie, l'entreprise espagnole EDP Renewables, la Caisse des Dépôts et l'entreprise de construction métallique Eiffage Métal, ont répondu à l'appel à projets de l'Ademe pour l'éolien offshore flottant. Leur projet de ferme, "Les éoliennes flottantes du golfe du Lion", vise à déployer entre trois et six turbines flottantes dans la zone de Leucate, en Méditerranée. Un site que les partenaires qualifient de "premier gisement éolien maritime français caractérisé par une ressource en vent exceptionnelle". Le golfe du Lion présente en effet des conditions propices en raison de son exposition au Mistral et à la Tramontane, ce qui explique que trois des quatre zones identifiées par l'Ademe pour le déploiement de machines flottantes soit situées sur son pourtour.

 

Les quatre partenaires expliquent, dans un communiqué conjoint, que les turbines de 6 MW de puissance unitaire seront associées à une solution intégrée de flotteur semi-submersible proposée par Eiffage Métal. Le concept "WindFloat", sélectionné par les partenaires, est développé par Principle Power (Aix-en-Provence). Il a été testé au large du Portugal (à cinq kilomètres d'Aguçadura) depuis le mois d'octobre 2011, avec un modèle "réduit" WF1 de 2 MW, muni d'un rotor de 80 mètres de diamètre. Pour les versions suivantes de ces machines (WF2), beaucoup plus puissantes (jusqu'à 8 MW), les concepteurs envisagent des rotors de 180 mètres de diamètre.

 

Se positionner rapidement sur un marché en essor

 

Pour la ferme française, Engie et ses partenaires expliquent : "Le projet constitue une étape décisive qui préfigure le développement industriel de la filière éolienne flottante en France et à l'international". Un peu plus loin, dans le communiqué, ils soutiennent : "Le projet sera, dès son lancement, porteur d'activités pérennes". Le consortium entend faire appel à un réseau d'entreprises françaises de la façade méditerranéenne, dont une part en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, afin de se fournir en composants. Les infrastructures portuaires de la région seront également mises à contribution pour les opérations d'assemblage des machines et de maintenance de la ferme pilote. Le parc, implanté à 15 ou 20 km des côtes, sera relié par un câble sous-marin unique, les éoliennes étant reliées entre elles.

 

"L'objectif est d'acquérir, à travers ce parc pré-commercial, une expérience indispensable pour garantir le succès des futurs développements commerciaux, pour la filière industrielle, mais aussi pour les nombreuses parties prenantes associées", annoncent les partenaires. Car, au-delà des côtes françaises, où quatre zones propices ont déjà été identifiées, le but est de parvenir à proposer une offre compétitive à l'international sur un marché où la Norvège, le Japon, le Portugal et le Royaume-Uni sont déjà présents. De nombreux industriels français se sont positionnés sur ce créneau, comme Idéol (sélectionné par le japonais Hitachi) ou Nénuphar.

 

L'éolien flottant présente de nombreux avantages, par rapport à l'éolien offshore classique : il est destiné à être installé plus loin des côtes, là où le vent est plus intense et constant, et là où la profondeur impose de se dispenser de fondations. Les nuisances visuelles sont également absentes, puisque les machines sont déployées au-delà de la ligne d'horizon, loin également des activités de plaisance. Et l'installation/maintenance des turbines se trouve facilitée par leur caractère "remorquable". Les fermes qui seront développées dans le cadre de l'appel à projets de l'Ademe, auront une durée de démonstration de deux ans, mais leur durée de vie pourra être prolongée à 15 ou 20 ans, en cas de succès.

 

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