Quatre zones adaptées au développement de fermes pilotes pour des turbines éoliennes flottantes ont été identifiées par le ministère de l'Ecologie, dont trois en Méditerranée. Un appel à projets devrait être lancé prochainement.

Coup d'envoi pour l'éolien flottant français. Le ministère de l'Ecologie a désigné des zones favorables à l'implantation de turbines flottantes dans trois régions différentes : Bretagne, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

 

Plus précisément, les quatre sites sont situés au sud de l'île de Groix (Morbihan), au large du phare de Faraman (Bouches-du-Rhône), à l'est de Leucate (Aude) et au sud-est de Gruissan (Aude). Le cabinet de Ségolène Royal rappelle que ce choix est intervenu "à l'issue d'un processus approfondi d'analyse et de concertation" qui s'est étalé entre le printemps 2014 (études techniques d'identification du gisement potentiel, première définition des zones) et le printemps 2015 (concertation locale avec les usagers de la mer sous l'égide des préfets dans le cadre d'une politique maritime intégrée).

 

Un appel à projet "fermes pilotes éoliennes flottantes" devrait être lancé d'ici à la fin du mois de juillet 2015. Il sera financé par le programme investissements d'avenir (PIA) et par des tarifs d'achat de l'électricité produite. Le ministère estime que cela "va permettre de lancer une nouvelle filière industrielle prometteuse pour la France". Plusieurs entreprises françaises sont déjà présentes sur ce créneau, dont DCNS, qui ambitionne d'implanter huit machines de 6 MW au large de l'île de Groix, ou Ideol qui développe des fondations flottantes dont un démonstrateur devrait être installé au Croisic (Loire-Atlantique).

Des avantages pour développer la filière plus rapidement

Les éoliennes flottantes, qui s'affranchissent de fondations classiques et se contentent d'un système d'ancrage (pour éviter qu'elles ne dérivent), présentent plusieurs avantages dont celui de pouvoir être implantées au large, là où la profondeur dépasse les 50 mètres. Ces zones hauturières offrent un gisement de vent plus important et plus constant que les zones côtières. De plus, l'intégration environnementale des projets s'avèrera plus simple, tout comme la maintenance des machines, mobiles, qu'il sera possible de remorquer, contrairement aux éoliennes offshore classiques.

 

Une solution pour atteindre les objectifs, ambitieux, de 40 % d'électricité renouvelable, d'ici à 2030. Car si le parc éolien terrestre français se développe, pour dépasser aujourd'hui les 9,7 GW de puissance installée, le parc éolien marin est toujours bloqué à 0 MW… A la fin de 2012, en Europe, le Royaume-Uni exploitait déjà 2,95 GW de puissance éolienne marine, loin devant le Danemark (921 MW) et la Belgique (372 MW). Suivaient l'Allemagne (283 MW), les Pays-Bas (250 MW) et la Suède (166 MW). La France a donc un certain retard à rattraper.

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