Prenez deux tours de grande hauteur datant des années 1970, ajoutez une géométrie particulière, recherchez la performance thermique tout en jonglant avec des appartements occupés : l'isolation thermique par l'extérieur s'impose. Mais comment parvenir à installer des matériaux en toute sécurité à près de 100 mètres du sol ? Eléments de réponse avec les différents intervenants du chantier des Orgues de Flandre, du 19e arrondissement à Paris.

L'ensemble urbain des "Orgues de Flandre" est un vaste complexe d'habitation parisien, imaginé par l'architecte allemand Martin van Treeck au début des années 1970. Claire Lalanne, architecte chez Ateliers Lion Associés, raconte : "Il a beaucoup travaillé la volumétrie des bâtiments, et la géométrie est très marquée. Les tours impactent fortement le paysage parisien avec leur forte verticalité". Effectivement, les immeubles figurent parmi les plus hauts de Paris : la tour 1, "Prélude", culmine même à 123 mètres de hauteur (R+39), ce qui en fait l'immeuble d'habitation le plus élevé de la capitale. "L'habillage en parement céramique avait été imaginé pour refléter la luminosité", poursuit-elle. Mais, les bâtiments étaient peu entretenus et ce parement extérieur s'est dégradé, avec des décollements et des chutes de carreaux. S'y ajoutaient des épaufrures du béton en nez de dalle, des problèmes d'infiltration, des menuiseries peu performantes et des consommations énergétiques d'un autre âge…

 

Le bailleur social 3F, qui a adopté une démarche de développement durable et de réduction des charges par diminution des consommations, a donc lancé une vaste opération de rénovation. Emmanuelle Sautereau, qui représente la maîtrise d'ouvrage, explique : "L'objectif de la réhabilitation thermique est d'atteindre la cible fixée par le Plan Climat Paris de 80 kWhep/m².an tout en améliorant la qualité du bâti". L'enveloppe était très peu isolée et les consommations atteignaient presque le double de la valeur souhaitée. "La rénovation consiste à appliquer une isolation par l'extérieur (laine de roche) avec doublage en cassettes métal, tout en remplaçant les menuiseries, les radiateurs et en isolant les planchers bas, les terrasses et toitures", détaille-t-elle. Un vaste chantier en perspective, de 21,7 M€, à mener en site occupé. "La réhabilitation revient à 46.800 € par logement environ mais les économies de charges sont importantes, presque divisées par deux, à 5 €/m²", analyse Emmanuelle Sautereau.

 

Découvrez le chantier en photos dans les pages suivantes.
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