TENSIONS. Le marché de l'artisanat du bâtiment est toujours porteur, mais de premiers signaux font craindre une année 2023 nettement plus difficile que 2022.


La situation peut sembler paradoxale pour l'artisanat du bâtiment, et le ressenti des TPE par rapport à la période actuelle est "difficile à décrire", comme le reconnaît Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). Ainsi, malgré des carnets de commandes à un niveau particulièrement haut (99 jours) et des prévisions de croissance à +2,5% sur 2022, les professionnels s'inquiètent. La principale raison ? Des conditions d'exercice de la profession de plus en plus tendues et complexes, avec la persistance des soucis d'approvisionnement, et l'inflation de l'énergie, des matières premières, produits et matériaux.

 

Le neuf n'est plus la "locomotive"

 

Certes, "la rénovation reste la locomotive de l'artisanat du bâtiment", a tout d'abord exposé le président de l'organisation lors d'une conférence de presse de conjoncture, qui s'est tenue ce 9 novembre 2022, à Paris. Sur ce segment d'activité, le troisième trimestre voit une progression de 2% - sur le sous-segment de la rénovation énergétique, +4%. Le neuf, avec +1,5%, n'est plus cette "locomotive" de l'activité des artisans, ce qui est peut-être à interpréter comme un signe des temps. Mais plusieurs éléments laissent percevoir, après une année 2022 "plutôt confortable", une année 2023 porteuse de "grandes inquiétudes" : marges sous pression du fait des hausses de prix, moindre dynamisme de l'activité au troisième trimestre, léger fléchissement des carnets de commandes, ralentissement des transactions dans l'ancien... Si le premier trimestre 2023 pourrait s'avérer toujours porteur en croissance, le flou le plus complet nimbe, pour la Capeb, la suite de l'année. L'organisation n'hésite pas à évoquer une possible récession.

 

MaPrimeRénov' : le retour des tensions ?

 

Jean-Christophe Repon (Capeb) a fait état de nouveaux soucis sur le dispositif MaPrimeRénov'. En l'occurrence, des "retards de paiement" qui peuvent aller jusqu'à six mois. Ces éléments ont été signalés par l'organisation au ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. "Ce n'est pas le genre de situations qui vont encourager les artisans à se tourner vers le RGE", a commenté, amer, le président de la Capeb. Ces retards sont à l'origine de difficultés de trésorerie touchant, selon les cas, des entreprises artisanales mandataires ou des ménages.
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