RTE a tout juste réussi à maintenir l'équilibre entre consommation et production, évitant de peu des coupures de courant. Il souligne avoir mobilisé tous les moyens disponibles - dont les renouvelables désormais indispensables - fait appel à nos voisins européens et procédé à des mesures d'effacement. Retour sur cette gestion réussie.

Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) a eu chaud en pleine vague de froid. Entre le 16 et le 25 janvier 2017, il a affronté des températures polaires, 6 °C en dessous des normales de saison, entraînant des pics de consommation problématiques au moment où tous les moyens de production n'étaient pas disponibles (plusieurs réacteurs nucléaires sont encore à l'arrêt pour inspection). Mais l'équilibre précaire du réseau a été préservé grâce à plusieurs mesures.

 

Merci les EnR…

 

Tous les moyens de production ont été mobilisés, afin d'atteindre une capacité totale de 90.000 MW. Les énergies renouvelables, par exemple, ont couvert jusqu'à 17 % de la consommation nationale les mercredi 18 et jeudi 19 janvier. La production éolienne a dépassé les 5.000 MW, soit l'équivalent de cinq réacteurs nucléaires à pleine charge. Le 19 janvier au matin, lors du pic de consommation enregistré à 9 heures, cette production était de 3.714 MW, soit 4 % du total de la demande. France Energie Eolienne déclare : "Ces résultats démontrent que, même en situation anticyclonique ou de grand froid, la solution éolienne est performante. La France bénéficie d'un gisement de vent diversifié particulièrement utile en période de tension sur le réseau électrique. Cela plaide pour le développement de l'éolien dans l'ensemble des régions françaises".

 

Mix énergétique français janvier 2017
Le pic de production éolien au matin du mercredi 18 janvier © Eco2mix

 

Autre disposition, l'effacement, qui a consisté à demander à des consommateurs (généralement industriels) de reporter volontairement leur consommation électrique. Il a permis de réduire de 2.200 MW les besoins français le 25 janvier, "soit l'équivalent de la consommation d'une ville comme Paris intra-muros", fait valoir RTE. Les particuliers ont également été mis à contribution : plus d'une personne sur deux a modifié ses habitudes pour éviter la surcharge du réseau, selon un sondage Ifop. Des gestes qui "ont ainsi participé à la préservation de marges minimales". Car la consommation a tout de même atteint un pic de 93.000 MW… soit plus que les 90.000 MW disponibles en France.

 

… et merci les voisins

 

C'est là que les importations de courant étranger ont fait la différence. Durant la semaine du 16 au 20 janvier, à la pointe de consommation du soir, l'électricité a été massivement importée d'Espagne (1.350 MW en moyenne), de Belgique (1.000 MW) et d'Allemagne (775 MW), les trois pays les plus sollicités. RTE note : "Le renforcement de la coopération entre les gestionnaires de réseaux européens, opéré au début de l'hiver, a permis d'augmenter les capacités d'importation sur chaque frontière".

 

Une mobilisation nationale et internationale donc, qui a permis de gérer en temps réel l'équilibre fragile entre production et consommation sans toutefois recourir à des solutions exceptionnelles, comme l'interruption de la fourniture de courant à 21 sites industriels fortement consommateurs (1.500 MW), une baisse de tension de 5 % sur tout le réseau (4.000 MW), ou des coupures tournantes et limitées à deux heures. Même si le thermomètre semble remonter, RTE reste prudent : "En raison de la poursuite de maintenance sur plusieurs moyens de production durant les prochaines semaines, et de la possibilité d'une nouvelle vague de froid, l'hiver reste placé sous forte vigilance".

 

Les recommandations des fabricants d'appareils de chauffage électriques :
Dans le contexte de la vague de froid, le Gifam rappelle qu'en cette période, les ménages ont recours à des appareils de chauffage électrique d'appoint mais qu'un meilleur dimensionnement des systèmes installés permettrait d'éviter cette solution. Ils estiment également que le renouvellement du parc d'appareils obsolètes (15 millions sur 60) permettrait de réaliser 30 % d'économies d'énergies. Enfin, une meilleure isolation thermique des logements concourrait également à réduire les consommations liées au chauffage. Du bon sens, donc.

 

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