Quels sont les pays européens les plus vertueux quant à la production d'électricité ? Quels sont les mix énergétiques les plus émetteurs de CO2 ? Où se situe la France par rapport à ses voisins ? Grâce à l'association danoise Tomorrow, il est possible de répondre à toutes ces questions en visualisant en direct la production électrique européenne sur une carte interactive. Zoom.

L'impact carbone des sociétés dépend grandement des types d'énergie utilisées, notamment pour produire l'électricité. L'évolution des mix énergétiques qui passent de sources carbonées (charbon, fioul, gaz) à des sources renouvelables (hydroélectrique, éolien, photovoltaïque) traduit la préoccupation grandissante des pays développés quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une association danoise a développé un outil de visualisation en temps réel de l'intensité carbone de l'électricité dans le Vieux continent. La carte permet donc, en quelques clics, de distinguer les bons élèves des bonnets d'âne. Et le classement que l'on peut établir ce 3 janvier 2017 réserve quelques surprises.

 

Si les premiers de la classe sont évidemment scandinaves, avec la Norvège en tête (seulement 32 grammes équivalent CO2 par kWh) et la Suède en deuxième position (75 g CO2/kWh), la France obtient une belle troisième place avec des émissions limitées à 119 grammes de gaz carbonique par kilowattheure. Une performance puisque les nations suivantes - Suisse, Belgique et Pays-Bas - se situent aux alentours de 200 g CO2/kWh, tandis que certains pays vantés comme des paradis écologiques s'avèrent moins vertueux qu'il n'y paraît. Ainsi, le Danemark, affiche-t-il un décevant bilan de 322 g CO2/kWh, proche du niveau de pays comme l'Italie, le Portugal ou l'Espagne. La situation au cours des mois d'été, où la production photovoltaïque serait bien supérieure dans ces pays méditerranéen bouleverserait sans doute la donne. Autre contre-performance, l'Allemagne, qui dégage 455 grammes de dioxyde de carbone pour chaque kilowattheure produit, ce qui est grossièrement quatre fois plus que la France ! Enfin, tout en bas du classement, se trouvent la Pologne et l'Estonie, dont le bilan CO2 est catastrophique avec environ 690 g CO2/kWh.

 

Le cas particulier du mix français, pauvre en carbone

 

Les explications sont simples. En cliquant sur chaque pays, on fait apparaître instantanément la composition du mix énergétique. On apprend ainsi que, ce mardi 3 janvier 2017, le courant électrique français provenait à 68 % de ses centrales nucléaires (dont le kWh émet l'équivalent de 12 grammes de CO2), à 12 % de ses barrages (à 24 g CO2/kWh) et à 12 % de centrales à gaz (à 490 g CO2/kWh). Le reste de la production se répartit entre sources renouvelables - décarbonées - comme l'éolien (12 g CO2/kWh) ou le photovoltaïque (45 g CO2/kWh) et combustibles fossiles comme le fioul (650 g CO2/kWh) et le charbon (820 g CO2/kWh). Les pays qui exploitent massivement ces sources énergétiques sont donc beaucoup plus fortement émetteurs de dioxyde que les autres. Ironiquement, la situation particulière du parc nucléaire français, dont plusieurs centrales sont à l'arrêt pour des contrôles techniques, conjuguée à la vague de froid qui frappe les deux-tiers du pays, entraîne la nécessité d'importation de courant électrique depuis tous les pays limitrophes, ce qui contribue à dégrader la note de l'Hexagone puisque tous nos voisins ont des productions plus carbonées.

 

On peut noter qu'un outil de suivi du mix énergétique spécifiquement français, nommé Eco2mix, est disponible sur le site de RTE (www.rte-france.com/fr/eco2mix). Il révèle les puissances électriques délivrées, filière par filière. Ce mardi 3 janvier 2017 à midi, l'atome générait 53 GW, l'hydraulique 9,8 GW, le gaz 9,2 GW, le solaire 2,2 GW, le fioul 1,7 GW, le charbon 1,6 GW et l'éolien 1,1 GW. Les imports s'élevaient à 5 GW.

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