Les ministères de la Ville et du Logement et de la Culture ont publié conjointement à l'été 2026 un nouveau guide pratique sur la rénovation énergétique des bâtiments d'intérêt patrimonial, dans le but de rendre plus accessibles les recommandations des architectes des Bâtiments de France (ABF) face à l'adaptation au changement climatique.
C'est en collaboration avec le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) que ce guide a été réalisé, au milieu d'un été 2026 exceptionnellement chaud, alimentant les débats sur les bouilloires thermiques et la climatisation.
Les ABF, dont l'avis compte pour près d'un tiers des logements en France, recommandent notamment sur la question des volets, stores et occultations solaires de "respecter les caractéristiques patrimoniales locales". En d'autres termes, de choisir des volets pleins, des volets avec persiennes, des stores en toile ou autres, en fonction des pratiques architecturales locales et des bâtiments alentours.
"La France ne peut pas devenir un musée à ciel ouvert"
Le ministère de la Culture a indiqué à nos confrères de l'AFP souhaiter "déconstruire des idées reçues ou des malentendus" concernant une supposée opposition des architectes des bâtiments de France à l'installation de volets. Bien que les volets roulants soient "un dispositif difficilement acceptable sur une façade de bâtiment traditionnel", le ministère affirme qu'il existe "toujours une solution acceptable" et donc aucun "blocage avéré".
Du coté du ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, on appelle à faire "avancer rapidement" le débat entre "préservation du patrimoine et habitabilité de nos villes". Dans un post LinkedIn publié au mois de juillet, le ministre affirmait que "La France ne pouvait pas devenir un musée à ciel ouvert où l'on admirait des façades derrière lesquelles personne ne pouvait plus se loger ou se protéger de la chaleur". Son projet de loi Relance logement prévoit un assouplissement concernant la pose de protections solaires.
Pour les Pac et climatiseurs, la discrétion prime
En ce qui concerne les climatiseurs et les pompes à chaleur, les ABF préconisent "une stratégie de dissimulation la plus efficace possible" des blocs extérieurs, en les plaçant du côté de la cour ou du toit, ou en utilisant des caissons ou grilles si l'unité est posée sur un balcon.
Les recommandations sur les Pac ne précisent toutefois pas la démarche à suivre pour les logements sans cour intérieure, dont le toit ne peut pas être esthétiquement modifié et dont la façade ne dispose pas de balcon.
Le ministère de la Culture précise en outre que parmi les avis rendus par les ABF, 7% sont des refus, 22% des accords avec prescription obligeant le demandeur à modifier son projet, tandis que les deux tiers restants des avis sont favorables.
Mathurin Serelle, avec AFP
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