Un projet de nouveau pavillon d'accueil à l'Assemblée nationale porté par la présidente de la chambre basse, Yaël Braun-Pivet, fait polémique. Si la ville de Paris a validé le projet avec un vote favorable à la fin du mois de juillet, de nombreux opposants sont montés au créneau.
Un permis de construire a été déposé en 2025 pour faire sortir de terre un nouveau bâtiment à la place de l'actuel pavillon d'accueil, censé améliorer l'accueil des visiteurs. Le projet avait subi un premier coup d'arrêt, le temps d'obtenir une autorisation de creuser sous une des cours de l'institution.
Un véritable casse-tête réglementaire
La localisation de l'Assemblée nationale complique fortement toute initiative de rénovation : étant située au cœur d'un quartier au patrimoine architectural protégé, le projet devait en effet être approuvé par les architectes des Bâtiments de France, la mairie, et l'État avant le dépôt d'un permis de construire.
À la mi-juillet, la Ville a émis un avis favorable à la modification du règlement d'urbanisme concerné, en précisant toutefois qu'il ne s'agissait pas d'une "autorisation d'urbanisme ni une validation définitive du projet architectural" : un nouveau permis de construire devra être déposé.
Les réactions négatives ne sont pas faites attendre. Le mercredi 5 août, deux députés du Rassemblement National, Hélène Laporte et Sébastien Chenu ont conjointement demandé à ce que le bureau de la chambre basse se prononce une nouvelle fois sur le projet, qu'ils qualifient de "contestable et hors de propos".
Ce à quoi l'entourage de Yaël Braun-Pivet a rétorqué que "tous les groupes ont validé ce projet puisqu'ils étaient tous représentés au sein du bureau" à l'occasion du vote d'approbation à l'unanimité en septembre 2024.
Des travaux "autofinancés" par les réserves de l'Assemblée
Parmi les opposants au projets, on peut également citer l'association Sites & Monuments, qui fustige la démolition du pavillon actuel ainsi que l'aspect esthétique du nouveau bâtiment. L'association est à l'initiative d'une pétition contre l'opération lancée en 2025 qui évoque un "enlaidissement de Paris", et qui recueille plus de 148.000 signatures au 21 août 2026.
Du côté de la présidente de l'Assemblée Nationale, on assure que l'institution "est en lien avec les services de l'État et de la Ville de Paris pour adapter le projet à leurs exigences", tant patrimoniales, climatiques ou esthétiques ; "on se conformera à tout", a indiqué l'entourage de Yaël Braun-Pivet à nos confrères de l'AFP.
Des voix se sont également élevées contre le coût du projet, estimé à 53 millions d'euros. Les proches de la présidente de la Chambre basse ont affirmé que les dépenses d engagées pour réaliser des études d'accessibilité étaient "de toute façon nécessaires et seront utilisées", en ajoutant que les travaux sont "autofinancés" par les réserves de l'Assemblée nationale.
Mathurin Serelle avec AFP
Lire plus tard
Partager

À Pantin, la rénovation énergétique d'une école lui redonne un second souffle