INFRASTRUCTURES. Les différents acteurs impliqués dans le dossier du barrage de Sivens, dans le Tarn, se sont mis d'accord le 9 septembre 2019 sur le principe d'une retenue d'eau et sur un complément d'études sur les besoins en eau de la vallée du Tescou.

Ce 9 septembre 2019, les différents acteurs impliqués dans le dossier du barrage de Sivens, dans le Tarn, se sont accordés sur un complément d'études sur les besoins en eau dans la vallée du Tescou, ainsi que sur le principe d'une retenue d'eau sur la rivière. La résolution a été adoptée par consensus lors d'une réunion de l'Instance de co-construction à Lisle-sur-Tarn, nous apprend l'AFP. Cette organisation rassemble 51 personnes, des élus locaux aux agriculteurs en passant par des associations environnementalistes, dans l'optique de trouver une solution aux problèmes d'irrigation rencontrés par le monde agricole dans la vallée du Tescou.

 

La résolution adoptée par l'Instance prévoit tout d'abord de poursuivre la réalisation d'études sur les besoins en eau, des analyses réclamées par les associations et qui seront effectuées par l'Agence de l'eau Adour-Garonne d'ici deux mois au plus tard. Jusqu'à présent, les besoins en eau qui avaient été présentés dans ce dossier avaient été contestés par les militants écologistes, ceux-ci les jugeant "surdimensionnés". L'autre volet de la résolution approuvée par consensus par l'Instance concerne "le schéma de l'organisation de la ressource en eau" dans la vallée du Tescou. La décision liste trois axes complémentaires, dont l'un porte sur la création d'une retenue d'eau sur le haut-bassin de la vallée, soit en amont du site où devait être construit le barrage abandonné.

 

Une retenue d'eau créée, une autre optimisée et des retenues individuelles mutualisées

 

Cette dernière affichera une capacité "allant jusqu'à un million de mètres-cubes disponibles", en fonction de la faisabilité technique et des contraintes de construction. "La création de la retenue est actée, on est au-dessus de Sivens, on ne touche pas à cette zone réhabilitée", a précisé le maire de Salvetat-Belmontet et co-président de l'Instance de co-construction, Bernard Pezous, auprès de l'AFP. Le deuxième acte de la résolution concerne "l'optimisation" d'une autre retenue d'eau située pour sa part en amont du Tescou et d'une capacité de 900.000 m3. Le troisième et dernier point consiste en la "mutualisation des ressources en eau contenues dans des retenues collinaires individuelles". Bâties par les agriculteurs et financées par l'Etat, celles-ci sont au nombre de 220, d'après Claude Forgeot, un représentant du Collectif Testet.

 

A l'issue de la réunion de l'Instance, les acteurs du dossier se sont réjouis du consensus obtenu, à l'image de Marylin Lherm, maire de Lisle-sur-Tarn et co-présidente de l'organisation, qui a jugé la décision "historique". "Je suis très satisfait de l'issue de cette réunion qui était cruciale" et pour laquelle arriver à un consensus "n'était pas gagné", a pour sa part déclaré Christian Pince, de l'association Lisle environnement. "On est arrivés à un consensus dans le sens où on n'a pas fermé les solutions tant que l'on n'étudie pas les besoins", a-t-il ajouté. Le vice-président du Conseil départemental du Tarn en charge de l'agriculture, Didier Houlès, a salué quant à lui "l'esprit d'une co-construction", précisant : "Ce territoire a connu un drame, on est en train de construire une solution dans un climat apaisé et dans la paix".

 

Pour rappel, le site du barrage de Sivens avait été retenu en 2012 mais avait déclenché une forte contestation des associations, opposées à la destruction d'une zone humide. Une "zone à défendre" (ZAD) s'était ensuite formée pour empêcher la conduite des travaux, mais la mort d'un militant de 21 ans, Rémi Fraisse, lors d'une échauffourée avec des gendarmes en octobre 2014 avait conduit à l'abandon du chantier.

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