MÉGAPROJET. Des élus locaux du Val-d'Oise ont adressé un "recours gracieux" au Premier ministre Edouard Philippe ce 12 janvier 2020 pour lui demander de revenir sur l'abandon du projet Europacity. Les partisans du mégacomplexe dénoncent "un excès de pouvoir de l'État recentralisateur".

Et encore un nouvel épisode dans le feuilleton Europacity : ce 12 janvier 2020, des élus locaux du Val-d'Oise ont adressé un "recours gracieux" au Premier ministre Edouard Philippe pour lui demander de revenir sur l'abandon du projet de mégacomplexe Europacity sur la zone dite du triangle de Gonesse. Lors d'un Conseil de défense écologique en novembre 2019, le président de la République Emmanuel Macron avait effectivement décidé d'enterrer le dossier, le jugeant "daté et dépassé". Le département du Val-d'Oise, la ville de Gonesse et la communauté d'agglomération Roissy Pays de France ont donc déposé ce recours le 7 janvier dernier : "Un courrier de notre avocat a été écrit au Premier ministre pour contester la légitimité de cette décision", a expliqué la mairie de Gonesse. D'après l'AFP, le recours en question cible des "vices de procédure", arguant que la décision de l'exécutif repose sur trois motifs infondés, à savoir "un mode de consommation prétendument obsolète", "une augmentation alléguée du trafic automobile" et "une artificialisation erronée de 80 hectares de terres agricoles". "De sorte, le retrait s'impose", estime l'avocat des collectivités territoriales.

 

Un "retour de l'État" attendu

 

La présidente du conseil départemental du Val-d'Oise, Marie-Christine Cavecchi (LR), considère même que la décision d'abandon "est entachée d'illégalité en tous points", et dénonce au passage "un excès de pouvoir de l'Etat recentralisateur". "Le recours gracieux est un préalable, parfois obligatoire, à un recours contentieux", ajoute le département. "Maintenant, nous attendons le retour de l'État et les élus auront deux mois pour décider de la suite à envisager."

 

 

Par ailleurs, un autre recours visant à obtenir des compensations financières est envisagé. "On ne compte pas courber l'échine, ni se laisser faire", prévient la municipalité de Gonesse. Il faut dire que les élus val-d'oisiens étaient dans leur grande majorité favorables à ce projet de centre commercial et de loisirs, jugé "essentiel" pour l'économie du département, lequel "a toujours été le parent pauvre" de la région Île-de-France, selon des propos exprimés en octobre dernier. La décision d'annuler le projet avait été perçue comme un "abandon de la banlieue".

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