DANGER. Dans le logement ancien, plus deux logements sur trois présentent au moins un risque électrique avant la mise en location selon une étude du Gresel. Cette dernière montre également qu'il y aurait même en moyenne entre trois et quatre anomalies par bien.

Le Groupe de réflexion sur la sécurité électrique dans le logement (Gresel) a dévoilé une étude sur l'état du parc locatif français en matière de sécurité électrique*. Les résultats sont alarmants. Plus de deux logements anciens sur trois présentent une anomalie électrique avant la mise en location et chacun compte en moyenne entre trois et quatre défauts. "Notre parc locatif présente beaucoup trop d'anomalies électriques, faisant courir des risques importants aux Français. On recense chaque année en France 50 000 incendies d'habitation de source électrique, ce qui représente le quart de la totalité des incendies domestiques", indique Françoise Thiébault, secrétaire générale des Associations familiales laïques de Paris et membre du GRESEL.

 

L'anomalie la plus fréquemment constatée est le défaut de mise à terre, dans 41 % des logements. Suivent la vétusté des matériels électriques (34 %) et les problèmes de protection contre les surintensités (27 %). L'étude révèle aussi que seuls 10 % des propriétaires connaissent l'ancienneté de leur installation électrique. "Mais au-delà des dommages matériels, les installations électriques défectueuses ont des conséquences humaines : 3 000 personnes sont victimes chaque année d'une électrisation, dont 40 qui décèdent d'une électrocution ! Grâce à la mise en œuvre de la réglementation, les électrocutions ont été divisées par 5 en quatre décennies, mais le nombre de victimes reste inacceptable : une simple mise en sécurité pourrait éviter ces accidents dramatiques", explique Françoise Thiébault.

 

"Rendre systématique le diagnostic pour les parties communes des immeuble"

 

Un diagnostic électrique est obligatoire pour tous les logements depuis le 1er juillet 2018. Il doit être réalisé par un professionnel certifié et dispose d'une validité de six ans. Stéphane Pavlovic, directeur de la Confédération générale du logement et membre du Gresel, déclare : "Le diagnostic électrique obligatoire est un outil très important pour sensibiliser propriétaires et locataires aux risques électriques. Il incite les bailleurs à déclencher rapidement les travaux nécessaires à la mise en sécurité des logements, tout en permettant de valoriser le bien. Nous souhaitons maintenant aller plus loin : la prochaine étape est de systématiser le diagnostic pour les parties communes des immeubles, parents pauvres des travaux de modernisation et de sécurisation. On l'a vu pour le plomb dans les canalisations, mais c'est aussi vrai pour les installations électriques dangereuses et pour les circuits de mise à la terre déficients."

 

*réalisée à partir de 5.000 diagnostics d'installations ayant plus de 15 ans (4.421 appartements et 579 maisons) par l'association Promotelec auprès de 40 diagnostiqueurs membres de la Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier (FIDI).

 

 

Les six points clés pour mettre les installations électriques en sécurité
1. La présence, sur chaque circuit, d'un dispositif de protection contre les surintensités, adapté à la section des conducteurs
2. La présence, à l'origine de l'installation électrique, d'au moins un dispositif différentiel de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre
3. La présence d'un appareil général de commande et de protection, facilement accessible
4. La présence d'une liaison équipotentielle et d'une installation électrique adaptées aux conditions particulières des locaux contenant une baignoire ou une douche
5. L'absence de matériels électriques vétustes, ou présentant des risques de contacts directs avec des éléments sous tension
6. L'absence de conducteurs non protégés mécaniquement

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