INDUSTRIE. Si la rénovation thermique des bâtiments doit être accélérée pour garantir la transition écologique de la France, les industriels du béton estiment toutefois qu'elle ne doit pas constituer le seul axe du plan de relance post-Covid. Incitations fiscales, développement de la déconstruction et des infrastructures... Philippe Gruat, président de la Filière Béton, expose à Batiactu les principales propositions du secteur.


C'est l'heure du plan de relance et des contributions y afférant. Comme quasiment tous les secteurs d'activité et la plupart des organisations professionnelles, les industriels du béton ont également planché sur la reprise économique post-coronavirus et ont élaboré des propositions visant à redynamiser la filière : incitations fiscales, développement des opérations de déconstruction/reconstruction, extension et rénovation des infrastructures, notamment le rail et les voies navigables... Mais si la rénovation énergétique semble évidemment être une composante essentielle de la transition écologique de la France, les professionnels du secteur préviennent néanmoins qu'elle ne pourra être la seule et unique à bénéficier de toute l'attention et de l'ensemble des moyens débloqués. Philippe Gruat, le président de la Filière Béton, l'organisation rassemblant tous les acteurs industriels de l'extraction à la livraison - la Fédération de l'industrie du béton, le Syndicat français de l'industrie cimentière, le Syndicat national du béton prêt-à-l'emploi, l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction et l'Union nationale des producteurs de granulats -, expose en détails les principales propositions du secteur pour Batiactu.

 


Batiactu : En premier lieu, quel a été l'impact du confinement sur l'activité des industriels du béton ?

 

Philippe Gruat : L'impact de la crise pour la Filière Béton a été identique à celui observé dans la construction, c'est-à-dire un arrêt brutal à la mi-mars et prolongé dans les semaines qui ont suivi ; un impact d'ailleurs assez négatif par rapport à d'autres pays. C'est l'ensemble du BTP qui a subi le même ralentissement. Aujourd'hui, on atteint des niveaux de rattrapage des semaines précédentes et on a enregistré un mois de mai plutôt bon, évidemment en-dessous de ce qu'il aurait été hors crise sanitaire, mais quand même relativement proche d'une activité normale. Ce rattrapage devrait se poursuivre en juin et même juillet, et probablement encore après les vacances d'été. La grande question à laquelle nous n'avons pas de réponse, c'est celle du renouvellement des carnets de commandes à l'automne et le risque de trou d'air qu'on risque d'avoir en fin d'année et début 2021. C'est la conséquence du retard pris dans les décisions politiques suite à l'absence de nombreux maires et conseils municipaux, et la paralysie des collectivités locales pour tout ce qui est du ressort de la commande publique.

 

Batiactu : Justement, la Filière Béton publie à son tour sa contribution au plan de relance du Gouvernement. Pouvez-vous nous détailler les principaux axes de votre réflexion ?

 

P. G : Nous avons trois types de propositions pour la relance de notre filière.
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